

El fernando ça n'est évidemment pas mon nom, c'est le blaze d'un républicain espagnol que j'ai croisé sur les bords du Drac il y a 10 ans de celà et qui nous a quitté depuis, EL, parce qu'unique. Il avait la noblesse des coeurs portés par un idéal, que la vie s'efforce de fracasser et qui tienne envers et contre tout. Fernando, Républicain espagnol pour les plus jeunes ça ne veut pas dire grand chose, pour les autres avec des souvenirs, la mélancolie et des fois une chanson de ferré qui tourne en boucle sous la caboche, c'est un rappel d'une sale période, sale époque ou les bruns préparaient le terrain pour bouffer l'Europe entière, et où l'idée de l'europe justement, quelques milliers l'avaient chevillée au corps jusqu'à partir se sacrifier en pleine guerre civile espagnole. Anglais, Français, Allemands, de partout, pleins de convictions et d'idéaux... Mais là je vois pas bien où je m'embarque... c'est assez curieux que ce film m'amène à parler de la guerre d'Espagne, alors qu'il en est à l'exact opposé, il ne parle pas d'engagement politique, de partisans... Et pourtant il y est question d'engagement, d'otage... Tzameti est terriblement actuel malgré le noir et blanc, un film sur la condition humaine peut-être ...13 Tzameti de Gela Babluani, c'est l'individu réduit à sa plus simple expression : la survie. Le héros, c'est un clandestin, pas un résistant non, plutôt un chien de combat, une image de l'engagement dans le milieu des paris clandestin, où l'on pèse sa vie en biftons, avec des macs entourant l'arène. Métaphore du monde moderne ? Ou des gladiateurs miteux attendent qu'un jeu du chronomètre en laisse quelques uns sur le tapis. Dans Tzameti, le hasard dicte sa loi à quelques joueurs, aux abois, n'ayant d'autres choix que de mettre leur existence dans la balance pour une poignée d'euros. Ce qui étonne c'est l'aspect vénal permanent, pas de joie, juste une excitation malsaine et blasé chez les parieurs, fonctionnaires de morgue, regardant les autres mourir pour eux, mais "on achève bien les chevaux".

Il y a bien le tableau de Goya, Chronos bouffant ses enfants. Une image de l'humanité cannibale, qui pour un amusement las en sacrifie quelques uns. Mais ça n'est peut-être pas ça. Sinon ça se saurait, est-on devenu cynique à ce point ? Qu'on longe la folie un film entier sans jamais y tomber, restant dans l'entre-deux avec une sensation étrange d'inachevé. Le héros entame un yoyage dont a priori on ne revient pas, c'est bancal, mal joué par instant. Mais ça n'a pas d'importance on sent qu'une énergie tient le tout, que la mise en scène, le Cinémascope, les gueules, le beau noir et blanc qui rappelle "le couteau dans l'eau" de Polanski, les lumières dans le cercle de mort nous pousse à croire qu'on est en enfer à cet instant, un enfer absurde, sans échappatoire. Ca n'est pas "Voyage au bout de l'enfer" de Cimino où le même jeu suicidaire de la roulette tenait Christopher Walken en lisière de la mort, déjà mort, dépendant à la pire des saloperies morbides. Non dans Tzameti les joueurs sont volontaires et non prisonniers d'une sale guerre, où peut-être cette guerre sourde, larvée, de la misère de l'existence, héros vomitifs qui se chassent, tête à tête sordides, compression du temps. C'est chacun pour sa gueule et rien après, pas le plus petit rayon de lumière, hormis peut-être les sourires de la mère et de la soeur du héros, dont la subsistance dépend de son sacrifice après tout. Ce film est réaliste au fond et c'est ce qui rend le malaise plus intense, et c'est une raison suffisante pour courir le voir dans les quelques salles restantes.
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En conclusion du film de G. Clooney "Good night and Good luck" il ya cette profession de foi du héros : Edward R. Murrow parvenu sans courber l'échine, mais au prix de sa carrière, à défier Macarthy. Il dit à peu prêt ceci : la télé peut enseigner, éclairer des millions de personnes, elle est un instrument qui peut inspirer aussi mais à condition que ce soit le fruit d'une volonté, si l'on veut qu'elle ne soit qu'un instrument de divertissement, d'amusement et de cloisonnement, elle le restera. C'est une question de complaisance, ceux qui affirment que personne ne regardera des programmes destinés à éclairer, à informer qu'ont-ils au juste à perdre à essayer ? Si certains n'affirment pas la volonté d'utiliser cet instrument suivant ces principes alors la télévision n'est pas autre chose qu'un meuble lumineux.
Murrow ne parlait pas d'autre chose que d'intégrité, de conscience, mais nous dira t-on le cynisme emporte tout à la longue, l'énergie des jeunes journalistes volontaires que l'on usera comme on use les scénaristes, et réalisateurs motivés, porteurs de sujets intéressant mais pas "vendables", hors du créneau, "trop", entendez : trop vrai, trop en avance, trop moraux quand les gens veulent qu'on les délasse le soir et non qu'on leur administre une énième prise de conscience. La télé prozac contre la télé lucide, le choix n'a pourtant rien de cornélien, mais dans notre beau pays, on dira toujours que les gens ne sont pas prêts, parce qu'on l'a décidé d'avance...
Subir aussi les sagas de l'été, réunissant des millions de gogos autour d'un Dolmen de studio qui a tout d'un Menhir et qui nous solde une Bretagne en cirée jaune et intrigue à la "club des cinqs" j'ai mal à ma télé comme disait De Gaulle, main sur le coeur et téléphone à l'esgourde pour dicter sa vision des choses à l'ORTF. Les choses ont elles changées ? Evidemment c'est mieux qu'en Italie où la totalité des chaînes est entre les mains d'un seul homme, mais chez nous c'est l'autocensure qui prime, la guerre préventive faite à l'intelligence des téléspectateurs conduit à l'écoulement régulier d'un bouillon immonde, d'une tambouille à laquelle Arte par à coups parvient à donner un peu de goût. Les fictions françaises c'est un fait et pas seulement policières, nagent dans le bonheur et le débile, les instits sont des Mac gyver, les flics des clones balladurisés d'un Roger Hanin qui s'essoufle, les brocanteurs sont psychologues et en fait de fictions on nous solde un téléthon des familles, qui fait oublié au quidam son petit quotidien délavé dans un jus de chausette en 52 minutes.
Vent discret de la fiction ampoulée où le carrément foutraque et magique avec Mimmie matty en mère Térésa invisible côtoient les reconstitutions en costumes à faire mal aux yeux. Seules entorses à ce sérialement correct : "





L'écran d'El Fernando
Adepte du coq à l'âne depuis un séjour marocain aux cascades d'ouzoud, (mais ça fera l'objet d'une explication prochaine) je n'ai pu m'empêcher en pleine projection de me souvenir de cet autre film : JSA, autrement plus intense et habité et traitant du même sujet humaniste: la fraternisation en temps de guerre, au-dessus des impératifs nationaux, idéologiques, le quotidien, le ressac de la petite humanité qui oublie les armes et la connerie de l'affrontement. La simplicité en un sens qui tente de se frayer un chemin au grand jour. Dans JSA, film de Park Chan Wok qui réalisera 4 ans plus tard "Old Boy", c'est d'un autre pays dont il est question, où les tranchées n'ont guère été comblées en 50 ans.
"La division contemporaine de la Corée remonte aux suites de l'occupation japonaise commencée à partir de 1905. À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, la Corée a été divisée en deux zones par les puissances mondiales, les États-Unis et l'URSS. En 1948, le Sud et le Nord se constituaient chacun en un État indépendant, un Nord communiste, et un Sud sous influence étatsunienne. En juin 1950, la Guerre de Corée commençait. Le Sud était soutenu par les États-Unis, le Nord par la Chine. L'accord de cessez-le-feu de Panmunjeom, signé en 1953, a mis fin aux combats mais pas à la guerre, qui n'est, en 2004, toujours pas officiellement terminée. La péninsule de Corée est divisée par une zone démilitarisée (DMZ) aux alentours du 38e parallèle. C'est la zone la plus militarisée du monde." Source : Wikipédia


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