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  • Après Citroën et le fracas des carcasses métalliques sur la chaîne hypocrite qui nous la joue "encore un tour", nous les ouvriers on adore écouter du Bach, dépenaillés, en songeant à des mots que plus personne n'utilise et puis, bonnet vissé jusqu'aux oreilles, le nez au vent, les vapeurs de cambouis insinuées dans chaque épaisseur de coton, on court au cinoche pour regarder les autres sur l'écran, en songeant à l'amitié, aux illusions de jeunesse, à la bouffonnerie généralisée des rapports humains, et au maton du ferrage, le jeanjean chef d'équipe qui demain pourrait bien se retrouver une chignole dans la zébrure à réciter son cahier des charges, aux tuméfiés de l'aquarium aussi, les playmobils, chacun sa couleur, bleu et rouge, jaune et bleu, gris pour la maintenance, cravate pour la décadence de la promotion. On y songe et puis on franchit la ligne, les belles portes vitrées de la grande salle, ou le carré soigné de la Arts et essais, et là, silence, recueillement, plus question de bagnole, de fraiseuse ou de soudure à froid, on devient philosophe son petit bonnet tortillé entre les doigts, on se dit que ça a toujours été comme ça, qu'on s'en fout des miteux. Et qu'histoire de faire la peau aux idée reçues, on mangerait bien du polar, du film noir.

Samedi 21 octobre 2006


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Je me souviens de cette émission : "le cercle de minuit" présenté à l'époque par Laure Adler, c'était il y 7 ou 8 ans et Paul Virillo, Enki Bilal, JM Straub et Daniel Huillet débataient du pouvoir des images. Les Straub surtout m'avaient impressionné, au sens où leur paroles, leurs présences m'avaient paru emprunt d'une indéfectible vérité, images liées aux actes et à la parole pleinement militante. Il était question de modernité et de la portée des images, du contrôle par et sur les images...

Laure Adler : qui contrôle ?

Paul Virilio : la peur. La peur d'être pauvre, d'être perdu, vaincu. La peur est la grande maîtresse du monde.

Danièle Huillet : la guerre civile en Yougoslavie...

Laure Adler : l'image devient un valet de notre peur collective ?

Paul Virilio : on a hérité d'une image qui est sortie de la dissuasion, d'une époque de la terreur, et même d'équilibre de la terreur, et il va falloir débarbouiller cette technique de tout cet impérialisme de la dissuasion, de ce résultat du complexe militaro-industriel. Écoutez Deleuze ! On va vers des sociétés de contrôle !

Jean-Marie Straub : je suis tout à fait d'accord, c'est très beau tout ce que vous venez de dire là, c'est la première fois qu'il y a des choses claires et sensées depuis qu'on est ensemble. Cet impérialisme-là, il vient d'où ? Comment va-t'on se débarrasser de l'impérialisme ? On va laisser Silicon Valley fleurir ? On est complètement colonisé !

Paul Virilio : on va continuer à faire ce qu'on fait, des dessins, des livres et des films.

Vous retrouverez d'ailleurs une retranscription de cette entretien içi. medium_straub.jpg et toute une série de liens autour de leurs oeuvres.

Quelques semaines plus tard je les avais croisé dans le métro. Ils étaient debout et en pleine discussion et je n'avais osé les interrompre pour sortir une banalité d'aficionado. Depuis ils ont fait des films, ils ont continué.
Daniel Huillet vient de mourir, et c'est l'occasion pour pas mal de monde de redécouvrir ces cinéastes, au sens exact du terme, pas des faiseurs d'image, non, mais de véritables porteurs de sens. Plusieurs articles d'Olivier SEGURET dans Libération détaille la portée de leur dernier film. et leur rapport au professionnel de la profession. et d'autre choses...
Pour ceux qui ne savent pas qui sont Jean-Marie Straub et Daniel Huillet il faut souligner combien depuis leurs débuts ils sont dans leur temps. Ce petit film sur le site de pierregrise.com vous le prouvera. Puisqu'il parait que c'est l'anniversaire des émeutes...medium_pierre_grise_distribution.jpg



CINETRACT. Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, trois jeunes garçons affolés, poursuivis par la police, se réfugient dans le périmètre interdit d’un transformateur électrique.
Deux vont mourir, brûlés vifs, Bouna et Zyed. Si vous en pleurez encore...
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par abo publié dans : Actualités
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Samedi 29 avril 2006
Appel du Réseau Education Sans Frontières

Pétition nationale : NOUS LES PRENONS SOUS NOTRE PROTECTION !

logo RESF

Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.
par abo publié dans : Actualités
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Lundi 23 janvier 2006

lundi, 23 janvier 2006

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Laisser les images parler seules, c'est risquer les analyses à l'emporte pièce, les conclusions hâtives. Si face à la force indistincte des CRS, à ces silhouettes groupées et floues on peut opposer des visages de mères, d'enfants, d'homme le visage en sang, nul doute que nous savons de quel côté notre coeur balance. Ce film amateur circule depuis quelques temps sur la toile, provoquant de-ci de-là des débats souvent hargneux, des prises de parole où chacun campe sur ses positions. Ce film est une pièce brute, souvent flou, confus, il vous met dans la peau d'un sans-papier (et non d'un clandestin), d'un assiégé attendant que les portes cèdent. Pourquoi les télés refusent-elles de diffuser, même des extraits de ce genre de document ? Elles si friantes à l'habitude de sensationnel, d'émotion brute semblent se désintéresser complètement de la réalité crue. Evidemment ce petit film de l'intérieur n'est pas l'oeuvre d'un journaliste accrédité qui poserait des questions pertinentes aux représentants de la maréchaussée. Si c'est un reporter il a oublié la règle d'or du cadrage propre. Non la qualité est mauvaise parce qu'il est évident que celui qui filme est dépassé par ce qui arrive. L'irruption d'une cinquantaine de CRS en uniforme, leur énergie débordante quand il s'agit de déloger les femmes et les enfants réfugiés dans une autre pièce. Les crs sont d'une susceptibilité légendaire, pendant cinqs bonnes minutes ils vous dévisagent, visages fermés, et d'un coup c'est la charge pour un mot de trop. La matraque fait taire les récalcitrants et soulage l'amour propre de celui qui l'utilise.
Du "Non non non aux expulsions !" entonné bras-dessus bras-dessous par les militants et les familles ne subsiste presque rien dans le chaos général, lumière éteinte suivant l'irruption des uniformes. On entend par dessus le brouhaha des :
" Vous étes en train de terroriser des enfants !!!" "C'est des gamins! Laissez sortir les femmes ! "
Puis net et définitif tandis que la petite foule tente un sitting de la dernière chance. "On y va !!!" Parce que sous les uniformes sommeillent des hommes d'action à qui on a appris à ne pas réfléchir mais à agir. Quand l'évacuation, l'expulsion, appelons là comme on veut, traîne, ils remettent la gomme.
Quand des "Vous n'étes pas des hommes ! " "Plutôt pute que CRS" parviennent à leurs oreilles ils manient la matraque dans la seconde. Et c'est ainsi que jusqu'à l'aube ils poursuivront inlassablement leur tâche de nettoyeurs dans les rues adjacentes. Expulser d'accord, mais en gardant la part de jeu, la traque et la dispersion.
Mais qui doutait de l'efficacité des méthodes des CRS, de leur violence ? Non, le vrai sujet c'est la disproportion. Que la force publique soit devenu la solution à tous les les problèmes sociaux, c'est inquiétant et c'est pour tout dire le symptôme d'une politique du nettoyage et de la terre brûlée qui aurait remplacé les préventions et la politique sociale. Suite aux incendies criminels dans différents hôtels parisiens ou des enfants (principalement) de parents immigrés d'afrique noire trouvèrent la mort. Bertrand Delanoë et Jean-Louis Borloo (Ministre de la cohésion sociale) avaient promis qu'ils feraient le maximum pour qu'il n'y ait plus de familles habitant dans des squats à Paris ; et la mairie de Paris avait promis de reloger toutes les familles expulsées des squats vers des habitats convenables. On n'a vu que les expulsions, les relogements se feront au compte goutte. Pour ceux qui en douteraient, rappelons que les personnes expulsés ne sont pas des sans-papiers, que ces personnes travaillent mais sont justes contraintes au squatt où à s'abriter dans des hotels insalubres hors de prix pour cause de discrimination. Rappelons comme nous l'avions fait dans un précédent article que la situation du logement en France est catastrophique, qu'il y a une vraie disproportion entre la demande et la réalité. Quand des milliers de mètres carrés dévolus à la spéculation restent tout bonnement vides (2 millions de logements vides en France en 1999, voir les chiffres du DAL). La demande de logements ne cesse d’augmenter.

Un petit bilan s’impose :

Il y a des situations d’urgence Le nombre de mal logés et de sans logis reste important.
- 1,6 millions de personnes vivent dans des logements sans douche, WC ou les deux
- 1 million de personnes sont logées en situation de surpeuplement accentué
- 550 000 personnes, dont 50 000 enfants, vivent dans des hôtels, des meublés ou sous-locataires
- parmi les locataires, 300 000 ménages sont en situation d'impayés de loyers dont deux tiers dans le parc social, soit environ 1 million de personnes
- 146 000 personnes dans des maisons mobiles (recensement 1990)
- 10 000 sans abri à Paris pour une nuit moyenne de l'hiver 1995
- 86 000 personnes étaient "sans domicile".
Source : Ministère du Logement, de l'Equipement et des Transports - Questionnaire de la Commission de la Production et des Echanges. Projet de LFI pour 2001 et INSEE enquête 2001 sur la population "fréquentant les services d'hébergement et les distributions de repas chauds"
Le 7ème rapport de la Fondation Abbé Pierre, publié en mars 2002, recense trois millions de personnes mal logées en France dont, 86 000 sans domicile, 200 000 personnes hébergées durablement en hôtel, en habitat de fortune ou par des parents et amis, un demi million de personnes vivant en habitat temporaire ou précaire et deux millions de personnes dans des logements dépourvus de confort sanitaire de base. (SOURCE : Droit au logement)

Des immigrés en situation régulière s’entassent dans des hôtels bon marché à leur risques et périls. Jean Louis Borloo promet la lune avec son plan contre la fracture sociale en tête de pont d’une prose gouvernementale campée sur des chiffres gros comme une montagne:

Doubler le nombre de logements sociaux et inciter le marché locatif. Le deuxième axe du plan Borloo: s'attaquer à la crise du logement. D'abord rattraper le retard en construisant des logements sociaux: 70.000 cette année, 80 à 85.000 l'an prochain, pour atteindre 500.000 nouveau logements HLM en 2009. Pour ce faire, 3 millions de mètres carrés pourraient être mobilisés à Paris ou en région parisienne (par exemple des terrains qui appartiennent à la SNCF), et les financements seront simplifier pour accélérer le processus. Le ministre envisage parallèlement de récupérer des logements vacants dans le parc privé. L'idée est de trouver un système sécurisant pour garantir aux propriétaires, frileux face aux défauts de paiements, leur garantissant leur loyer en cas de non paiement du locataire. Cela pourrait permettre de remettre 100.000 logements sur le marché. Dernière mesure: les logements d'urgence vont être augmenter pour éviter l'hôtel durable aux familles expulsées. 12.300 places supplémentaires d'accueil et d'hébergement d'urgence, dont 4.000 places en maisons-relais pour des personnes en grande difficulté, et 7.000 pour des demandeurs d'asile, devraient être créées d'ici à 2009, afin d'atteindre 100.000 places. » Source : RTL

Mais les expulsions n’ont jamais été aussi violentes que ces derniers temps. Et des intérimaires meurent de froid dans leur voiture faute de place en foyer.

par abo publié dans : Actualités
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Mercredi 9 novembre 2005

mardi, 08 novembre 2005

Opération charbon vs Relève la tête

A l'heure du couvre-feu, à l'heure où des sociologues sur France 3, stylo en main, écharpe au vent devant les carcasses fumantes viennent nous expliquer que la voiture est un symbole et que les émeutiers n'aspirent au fond qu'à consommer comme tout le monde, il faudrait peut-être souligner que la situation est un peu plus complexe, qu'il suffit de faire un tour dans les bac des disquaires pour s'en convaincre; Après plus de 20 ans de mouvement hip hop, le rap français a muri, s'est diversifié et une chose est sure, il suffit d'écouter quelques groupes pour souligner que depuis 10 ans au moins certains ont tiré la sonnette d'alarme, analysé, décortiqué, rapporté ce qu'ils voyaient, qui ils étaient. Muris aussi pour aller vers des paroles d'apaisement, tandis que des rappeurs plus jeunes à défaut d'appeler à l'émeute, décrivaient il n'y a pas si longtemps le processus des dernières nuits. Dialogue, dialectique entre les défaitistes et les sages. Morale et appel à la rage. Une chose est sur, la violence vient au bout du désespoir, mais elle n'est pas l'étape ultime. Pourquoi les médias ne s'empressent-ils pas d'aller recueillir les avis et analyses d' Akhenaton, Kery James, Oxmo Puccino, Kool Shen, toute la génération des grands frères, qui ont la maturité et le vécu pour eux, et peut-être une parole qui porte un peu plus que celle du gouvernement et de son couvre feu exhumé des temps de la guerre d'Algérie.

"La France
Législation conçu pour nous descendre[...]
ca sert à rien de gueuler, de parler à des murs;
à croire que le seul moyen de se faire entendre est de brûler des voitures[...]
la France est une garce et on s'est fait trahir[...]le système voilà ce qui nous pousse à les hair[...]
faudrait changer les lois et voir bientôt des arabes et des noirs à l'Elysée. Faut que ça pète tu sais que le système nous marche dessus[...] La galère n'arrange rien[...] je lance un appel, on est là pour tout niquer, leur laisser des traces et des séquelles avant de crever[...] on se fout de la République et de la liberté d'expression ![...] à présent y'a plus de bluff[...] de toutes façon j'ai plus rien à perdre[...] La France est une garce et on s'est fait trahir[...] on est tous solidaire ! Negro et bougnoules ! Lève le doigt en l'air ! "SNIPER

"Jeune homme deviens ce que tu es par ce qu'ils veulent que tu sois un habitué du drame[...]pour toutes ces mères qui nous ont mis au monde, tous nos darons les mains blessés pour toutes ces années d'un travail immonde[...] relève la tête, bats toi pour le devenir. Scarla, celui qui veut s'en sort[...] ta vie est ce que tu en fais[...] arrêtons de subir nous sommes les futurs leaders[...] Celui qui veut y arriver trouvera toujours un moyen pour s'en sortir[...]reste digne mais teigneux, fais mieux on a pris tant de bleus mais tant mieux à force on défiera les envieux[...]si t'as pas de bon sens fais toi aider compense, l'ascension social c'est une prise de conscience[...]Je veux que les jeunes d'ici relèvent la tête, on est pas condamnés à l'échec."Kéry JAMES - Relève la tête ft.Kool Shen,Passi,LeRatLuc',Busta,Lino,113&beaucoup d'autres

"Opération charbon, chaque jour et chaque nuit tu sais jamais quand tu pars faut assurer pour chaque vie... Nouvelle sortie pour mes gars ... comme chaque soir c'est la guerre enfoiré !"KDD
"Qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?!!" NTN

 

"On te raconte l'amertume de jeune dans la merde[...] J'ai peine à le dire mais pour nous il n'y aura jamais de paix, vu qu'en vrai tout le monde sait notre génération sacrifiée[...] je désole mes parents par la voie que j'ai donné à ma vie, quand ils me regardent en silence c'est ce qui trône dans leur esprit, je n'incarne plus les espoirs qu'ils avaient tous placés en moi" Mafia K'1fri

"C'est une époque de fou heureusement je fais parti des chanceux ceux qui pensent avant d'agir, pire qu'aspirent à réagir[...]les frères sont vrais, mais à quel prix ?[...] c'est pas la poisse gars c'est un sortilège, un cortège de morts vivants, les pieds devant, vivant au jour le jour[...] c'est une époque de fou mais est-ce une fatalité ? [...] ma façon de régair dépend de mon éducation, remettre mes actes en question, combattre mes frustrations,[...]être un homme droit. Cest un combat contre toi même quand la tentation t'approche[...]délinquance, la quintessence d'une destruction à petits feux, ça se passe tout prêt de chez vous."La rumeur, fabe et haroun

par abo publié dans : Actualités
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Dimanche 31 juillet 2005

Hommage ?

Hommage à Michel Butel. L’autre Journal un terreau et déjà il y a de cela 15 ans bientôt, une véritable expérience, presque l’ultime d'une presse vivante, du rôle exact que doit jouer un journal, mensuel sachant prendre le temps de la réflexion, sachant aller au bout de ses opinions.

par anton abo publié dans : Actualités
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Lundi 23 mai 2005

Photo Le Poher. Hebdo du centre bretagne


On l’a suffisamment répété ici, la question du logement est ces derniers mois en permanence sur le devant de l’actualité. Qu’un Gaymard, ministre de son état soit contraint à la démission pour une sordide histoire de logement de fonction et c’est la partie immergée de l’iceberg d’un problème qui touche tout le territoire français, Paris en premier lieu ou comme toujours si les problèmes sont les mêmes qu’ailleurs, leur visibilité criante confine à la caricature. Intra-muros les prix ont tant flambé que l’exode des classes moyennes au-delà du périphérique ne cesse de s’accélérer. La région parisienne s’étale dorénavant sur un périmètre qui ne devrait s’arrêter qu’en Champagne ou Seine maritime. Quid des logements sociaux promis ? Quand des milliers de mètres carrés dévolus à la spéculation restent tout bonnement vides ( 2 millions de logements vides en France en 1999, voir chiffres du DAL . La demande de logements ne cesse d’augmenter.
Un petit bilan s’impose :

Il y a des situations d’urgence Le nombre de mal logés et de sans logis reste important.
- 1,6 millions de personnes vivent dans des logements sans douche, WC ou les deux
- 1 million de personnes sont logées en situation de surpeuplement accentué
- 550 000 personnes, dont 50 000 enfants, vivent dans des hôtels, des meublés ou sous-locataires
- parmi les locataires, 300 000 ménages sont en situation d'impayés de loyers dont deux tiers dans le parc social, soit environ 1 million de personnes
- 146 000 personnes dans des maisons mobiles (recensement 1990)
- 10 000 sans abri à Paris pour une nuit moyenne de l'hiver 1995
- 86 000 personnes étaient "sans domicile".
Source : Ministère du Logement, de l'Equipement et des Transports - Questionnaire de la Commission de la Production et des Echanges. Projet de LFI pour 2001 et INSEE enquête 2001 sur la population "fréquentant les services d'hébergement et les distributions de repas chauds"
Le 7ème rapport de la Fondation Abbé Pierre, publié en mars 2002, recense trois millions de personnes mal logées en France dont, 86 000 sans domicile, 200 000 personnes hébergées durablement en hôtel, en habitat de fortune ou par des parents et amis, un demi million de personnes vivant en habitat temporaire ou précaire et deux millions de personnes dans des logements dépourvus de confort sanitaire de base. (SOURCE : Droit au logement)

Des immigrés en situation régulière s’entassent dans des hôtels bon marché à leur risques et périls. Jean Louis Borloo promet la lune avec son plan contre la fracture sociale en tête de pont d’une  prose gouvernementale campée sur des chiffres gros comme une montagne:

« 500.000 nouveaux logements
Doubler le nombre de logements sociaux et inciter le marché locatif. Le deuxième axe du plan Borloo: s'attaquer à la crise du logement. D'abord rattraper le retard en construisant des logements sociaux: 70.000 cette année, 80 à 85.000 l'an prochain, pour atteindre 500.000 nouveau logements HLM en 2009. Pour ce faire, 3 millions de mètres carrés pourraient être mobilisés à Paris ou en région parisienne (par exemple des terrains qui appartiennent à la SNCF), et les financements seront simplifier pour accélérer le processus. Le ministre envisage parallèlement de récupérer des logements vacants dans le parc privé. L'idée est de trouver un système sécurisant pour garantir aux propriétaires, frileux face aux défauts de paiements, leur garantissant leur loyer en cas de non paiement du locataire. Cela pourrait permettre de remettre 100.000 logements sur le marché.Dernière mesure: le logements d'urgence vont être augmenter pour éviter l'hôtel durable aux familles expulsées. 12.300 places supplémentaires d'accueil et d'hébergement d'urgence, dont 4.000 places en maisons-relais pour des personnes en grande difficulté, et 7.000 pour des demandeurs d'asile, devraient être créées d'ici à 2009, afin d'atteindre 100.000 places. »

Source : RTL

mais les expulsions n’ont jamais été aussi violentes que ces derniers temps. Et Droit Au Logement souligne que sur 500 relogements promis il y a des mois seuls 250 ont eu lieu.

 

En ces temps où précarité croissante et spéculation font bon ménage la situation sur la région parisienne est loin d’être une exception. Depuis quelques mois en Bretagne un vent de révolte gronde. A stroll en anglais signifie promenade, ballade, un mot tout en légèreté, bucolique même comme cette bonne vie à la française calme et tranquille que viennent chercher de nombreux nouveaux arrivants de ce côté-ci de la manche. Stroll est aussi un mot breton qui signifie collectif, en l’occurrence c’est le nom du collectif « ensemble pour le Trégor goélo » qui depuis quelques mois s’est mobilisé contre la spéculation immobilière qui sévit en bretagne. Ils dénoncent « la flambée des prix qui est un facteur d’exclusion pour les jeunes et les familles les plus modestes. L’arrivée massive de riches nantis qui alimentent le déséquilibre du marché de l’immobilier.» Collectif visant à défendre les intérêts de la Bretagne  A Stroll n’a pas hésité à utiliser le terme de colonialisme économique, ce qui dans un premier temps a fait grincé de nombreuses dents jusqu'en Angleterre mais cette provocation aura eu le mérite d’alimenter le débat. Ils réclamaient des élus un droit de préemption sur les logements vacants, la création d’un établissement public foncier au large source de financements pour aider les petites communes à exercer leur droit de préemption. C’est chose faite. Mais le conseil régional n’aura pas les épaules pour alimenter ce fond. Le débat est donc lancé et c’est une bonne chose, localement A Stroll ne fait que récupérer la lutte du DAL, mais il y la spécificité du cas du centre Bretagne.

Et l'Intégration des anglais ? Et si les poules aux oeufs d'or voyaient les choses sous un autre angle ? Souvent retraités ils fuient de fait par ras le bol un pays ou la flambée immobilière est sans commune mesure avec la notre, ou la protection sociale est réservé aux plus riches, un système que Blair entretient dans les pas de Thatcher. Il serait bon de voir la situation comme la marque d'un problème européen, la bretagne n'est pas une terre habituée à une forte immigration, mais pour autant elle est une terre d'accueil et d'ouverture sur les cultures du monde. Dans cette affaire de logements c'est aussi une question d'intégration: dans les deux sens. Les anglais installés seraient sans doute heureux de participer à l'avancée du débat, avant tout il faut jauger les vrais problèmes, le centre bretagne moribond profite aussi de l'installation des nouveaux arrivants. Reste qu'il y a cette affaire de la langue: l'état français, tout tremblotant n'accorde rien à la langue bretonne qui ne met pas en péril l'intégrité de la république quand il çède face aux corses. Si c'est par crainte du communautarisme c'est louable mais le communautarisme est une conséquence de l'absence de dialogue, et Sarkozy d'ici peu imposera sa discrimination positive en lieu et place du dialogue : un préfet musulman, un ministre trégorois, des sénateurs scientologues... L'état n'a toujours pas compris qu'un système à l'espagnol, intelligemment décentralisé était une source d'enrichissement et non de problèmes. Le gouvernement a préféré institué une décentralisation jacobine, laissant aux régions et collectivités locales plus de charges que de moyens, manière de se délester un peu plus, de poursuivre l'abandon des services publics.
Il y face à la question des langues régionales la même peur que face à l'indépendance de nos micro-colonies éparpillés, quand l'angleterre lâche Hong-kong on applaudit mais on s'accroche à la Guyane et au West indies comme si l'honneur du pays en dépendait, c'est pathétique, comme si toute la pensée d'un pays était passé sous la coupe règlée d'adepte du soin palliatif. Euthanasie pour la France du passé ? Pour un pays qui ne sait se réformer que sur le versant économique, en se délestant du meilleur (les services publics) sans rien offrir d'alternatif.

Prenons un autre exemple : la situation des sans domicile, des mal logés dans notre beau pays, qu'ils soient victimes de discrimination sociale, raciale, le résultat pour eux est le même, malgré la quantité de logements vacants, malgré la réactualisation des lois sur la discrimination, rien n'y fait. Le DAL usant d'un euphémisme parle de réquisition de logement vides, appelons les choses par leur nom : le squatt est peut-être en passe de devenir la solution d'avenir pour les milliers de précaires, étudiants, étrangers, sans-papiers. Le sacro-saint droit à la propriété qui conditionne les difficultés actuelles ne serait-il pas adaptable, voir aisé à contourner puisqu'il semble que ce soit là le dernier recours. Aucune politique de réquisition par les mairies, les conseils généraux n'ayant été mis en place, le secteur de l'immobilier est devenu l'un des plus concurentiel et ouvert au n'importe quoi. Apparemment le relogement d'urgence en hôtel bon marché, de situation de remplacement est devenu situation durable, le récent et dramatique incendie sur Paris tire la sonnette d'alarme dans ce sens aussi. La situation est on ne peut plus préoccupante, et au-delà des voeux pieux rien n'est fait pour concrètement arranger la situation. A SUIVRE ICI EN MAI UN DOSSIER COMPLET SUR LES SQUATTS.

par anton abo publié dans : Actualités
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Samedi 21 mai 2005


Face au cauchemar, thérapie ou spectacle ?

Il y a de celà quelques années un livre avait fait parler de lui d'abord par son titre et la dénonciation humaniste de "l'horreur économique" qu'il décrivait. Depuis l'alter-mondialisation s'est saisi de plusieurs médias pour poursuivre la dénonciation. L'horreur n'est pas qu'économique, mais l'économie globalisée actuelle est le théâtre de tous les cauchemars. Qui a t-il de neuf après l'esclavage, la colonisation ? Ah oui l'essor de la chine, elle nous effraie, fait trembler l'industrie du textile et demain les armes et demain ... Mais c'est bien au-delà, c'est une logique en place. Impérialiste aurait dit le Che. Le mot sonne puisqu'il définit un système de valeur en place et qui s'il supporte la contradiction, digère les oppositions ne va pas pour autant changer son fusil d'épaules. A présent qu'en France on s'est habitué au débat permanent pourquoi ne pas continuer et élargir les frontières vers des questions un peu moins franco-gauloises. L'Europe est aussi un modèle moral à construire, puisque les africains crèvent des appétits de tous, Européens, Russes, Chinois au darfour, Le cauchemar de Darwin est une démonstration de ce qu'inéluctablement la globalisation des échanges a institué le modèle de la sélection naturelle aux rapports de force, de commerce, de dépendances entre humains. La question de l'écologie sera traité en bout de chaîne quand on en aura fini avec les modèles actuels.
Parce que des modèles d'économie il en existe plusieurs, à commencer par le bon vieux troc
Au delà de la rareté de Bruno Ventelou et manuel d'anti-économie de Bernard Marris
Sur les multinationales voir aussi Terra economica
A la suite de la réussite de Michael Moore les documentaires ont la côte. Et quand ils sont bien fait, dénonçant de manière construite la globalisation ou mondialisation libéral ou capitalisme règnant, on applaudit.

The yes men Et s'il n'y avait aucune rationalité dans le fonctionnement des instances économiques mondiales ? La réponse par l'absurde est évidemment oui, et ça nous amène à plusieurs constats. Si c'est une logique débile qui mène les affaires du monde, il ne reste plus qu'à aller vers une autre économie. Et c'est possible.
The yes men est une sorte de preuve par l'absurde de l'iniquité du fonctionnement d'organisme comme l'OMC. Non seulement on peut s'y infiltrer sans trop de difficultés, mais ce laboratoire d'idées libérale laisserait passer n'importe quel théorie, et de préférence les pires. b=Voir cette légitimation de l'esclavage en comparaison du système des délocalisations ou comment recycler la merde en Mac Do Par l'absurde les yes men ( béni oui oui) tendent à prouver la nécessité d'un changement de logique économique, et avant tout en se mettant en scène dénoncent les acteurs de l'économie mondiale, incultes et encapsulés dans une logique. Des penseurs, des chercheurs qui de fait ont depuis longtemps cessé de se mettre en question.

The corporation aborde la question de l'entreprise à la manière d'un psy qui se pencherait sur les comportements d'un psychopathe. Génèse et expansion de ces corporations tentaculaires et insatiables sont disséquées, de fait c'est bien la logique générale qui pose problème, la question de la privatisation de la vie elle-même, de l'immersion complète de tous les champs de la vie des individus par l'économique, par le système de pensée merchandisé, de grands trust et corporations. Les effets d'une telle contamination menant assez logiquement à des sautes d'humeur, des rejets soudain de la part des populations quand elle constate effarée qu'elle n'ont plus de prise sur leurs réalités. De fait l'irrationnel et les peurs prennent place dans les habitudes. Après l'appel des indigènes de la République, l'appel sur le racisme anti-blanc, les raisons souvent racistes du vote non chez les extrêmes, il ne manque plus que Sarkozy s'installe à matignon pour qu'on poursuive une politique accrue d'expulsion des sans-papiers et qu'on communautarise un peu plus notre population. Eparpillés et divisés les individus n'auront plus qu'à se tourner vers les grandes et rassurantes multinationales. Amen.

 

par anton abo publié dans : Actualités
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