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               kinékiffé

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  • Après Citroën et le fracas des carcasses métalliques sur la chaîne hypocrite qui nous la joue "encore un tour", nous les ouvriers on adore écouter du Bach, dépenaillés, en songeant à des mots que plus personne n'utilise et puis, bonnet vissé jusqu'aux oreilles, le nez au vent, les vapeurs de cambouis insinuées dans chaque épaisseur de coton, on court au cinoche pour regarder les autres sur l'écran, en songeant à l'amitié, aux illusions de jeunesse, à la bouffonnerie généralisée des rapports humains, et au maton du ferrage, le jeanjean chef d'équipe qui demain pourrait bien se retrouver une chignole dans la zébrure à réciter son cahier des charges, aux tuméfiés de l'aquarium aussi, les playmobils, chacun sa couleur, bleu et rouge, jaune et bleu, gris pour la maintenance, cravate pour la décadence de la promotion. On y songe et puis on franchit la ligne, les belles portes vitrées de la grande salle, ou le carré soigné de la Arts et essais, et là, silence, recueillement, plus question de bagnole, de fraiseuse ou de soudure à froid, on devient philosophe son petit bonnet tortillé entre les doigts, on se dit que ça a toujours été comme ça, qu'on s'en fout des miteux. Et qu'histoire de faire la peau aux idée reçues, on mangerait bien du polar, du film noir.

Vendredi 8 septembre 2006
Ca réchauffe le coeur de constater que malgré cette éclipse de 4 mois, la petite boutique continue de tourner, toujours des visites, la foule presque ! Et le blog survit grâce à quelques égarés analphabètes, quelques amis que je salue, et pas mal de curieux. C'est bon pour l'égo d'El fernando mais la statistique, le flicage permanent de vos visites pour tout dire jette le trouble. Qui sont-ils ceux qui sont venus, revenus, que voulaient-ils ? Que cherchaient-ils ? Et là terrible réponse. Les moteurs de recherche orientent visiblement l'esprit humain d'une manière inédite, en effet sans coup férir, certains pris d'une envie soudaine, d'une pulsion s'empare du clavier pour déverser l'approximatif, se perdre dans le flot, surfer dans le bouillon. Qui par exemple irait taper sur google : exemple de lettre pour la pose d'accessoires dans un immeuble;film jeunes filles violee par bigfoot; blog allongement le bout des seins;blog albanaise;façade en parpin que mettre dessus;quels fléaux guettent le 21ème siècle;ecran veuille chute d'eau et cascade gratuit;exhibition sur autoroute;
 Et ces phrases les ont conduit chez moi ? (je dis chez moi, bien qu'avec pas mal de lucidité je sois conscient que ces pages ne sont pas ma maison) enfin certains prennent ce site pour un Quid compilant bricolage, perversion sado-maso, prophéties de galerie marchande. C'est beau internet ma parole, on y trouve toutes les illustrations de l'âme humaine, et souvent ça sent l'ennui de l'internaute qui se demande s'il a vraiment quelque chose à chercher. Il faut se les représenter ces milliers décrans allumés, ces milliards de neurones qui crépitent dans tous les sens. La sur-individualisation qu'on pourrait appeler ça si on voulait. Heureusement il y a meetic pour les recherches ciblés... pour ceux qui ont de la suite dans les idées... le 21eme siècle est un siècle de spécialistes, compétents dans un domaine, compartimentant tout, avec des cases, des segments, des préférences nationales et de couleurs,
la spécialité c'est la mort de l'imagination...
Merci aux autres... et vive le dilettantisme
par abo publié dans : Edito
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Dimanche 19 mars 2006

Fin prochaine de l'interruption d'émission

Ouep c'était long, un coma de 2 mois entre clinique et missions de nuit. Le temps de relever le museau, et j'entends que les jeunes se sont réveillés, qu'il se passe quelque chose. Un frémissement, une onde, précarité, précarité, enfin on va parler de ce qui arrive vraiment. Les CNE, les CPE, la tentative d'aligner tout le monde par le bas ne passe pas, depuis des années que les intérimaires vivent au quotidien la flexibilité, l'indépendance libérale, libres comme l'air, virés d'une semaine sur l'autre, ballotés, confis, mercenaire à 1000 euros, calibré pour le labeur et l'autisme général. La généralisation de ces statuts ne passera pas.

par abo publié dans : Edito
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Samedi 5 novembre 2005

vendredi, 04 novembre 2005

Sur les confettis de la République, à Mayotte par exemple, il y a aussi un effet Sarko... on connait la parabole de l'effet papillon, battement d'aile de papillon à Neuilly, "il faut nettoyer !" ouragan sur le 9 cube, et douche froide à Maoré, île jouxtant mayotte. Les évènements rapportés ici datent de fin Septembre.
... "la conscience politique ici s'achète à grands sacs de MABAWA (ailes de poulet) et de canettes de coca! Vivent les allocs' et les produits manufacturés! Vive la France!... "On est tous diabétiques, bientôt, mais on ne paiera pas les médocs... youpi! On roulera en belles 'tutures'; enfin, on fera du cul-à-cul pendant des heures sur l'unique route de l'île, et voilà... "Mayotte! Quel dommage... Tout s'éfface sous le béton, les mauvaises herbes disparaissent sous les canettes et les sacs plastiques... les flics remplacent les clandestins... au carrefour ils sont là, en mini-short bleu-marine et grandes chaussettes roulées sur les randjos en toiles... à la place de la petite bouéni (femme) qui vendait des beignets... On dirait que les autorités préfèrent les clandestins qui mendient (ou volent) à ceux qui travaillotent pour vivre un minimum décemment... question de conformité sans doute, élément du sacro-saint respect des cultures... question d'esthétique encore : mieux vaut les amputer quand le bras est pourri que de mettre un plâtre un peu plus tôt et de donner trois comprimés gratuitement... "Aïe aïe aïe... quelle ambiance... Sarko a réussi ses magnigances... Ce matin les femmes du village ont sorti ballets et rateaux de jardinier - de la Mairie! -pour faire le tour du patelin et sortir les enfants de clandestins de l'école, les parents de leur maison... Pourquoi ? Suite à une manifestation de clandestins à Mamoudzou, le bureau du député a été saccagé... bien sûr on ne parle que de ça à la télé sauf peut-être de cette bizarrerie : son portrait et son ordinateur sont restés intacts ! On saura dans quelques jours que le député (MDM, i.e pro Sarko) a lui-même payé les 'bandits' pour 'massacrer' sa permanence!... classique mais pas chic!... ça ne suffit évidemment guère à ceux que ça démangeait pour y voir clair... "Bref, demande-t-on à la barbarie d'ouvrir les yeux? En tout cas elle ouvre sa gueule puante sans honte, ne voit que tout-blanc-tout-noir... et s'excite à la promesse du sang et de la terreur..."

Lire Kashkazi, "le journal des quatre îles de la lune" Ngazidja, Ndzuani, Mwali,
Maoré, sur www.kashkazi.com

Alors que chez haut et Fort la communautés dite "Politique" ou "Débats de société" semblent avoir faite leur la propagande faciste de la droite extrême, libérale, nationaliste, où souverainiste c'est avec l'oeil vitreux que nous cherchons de la pluralité dans l'agora citoyenne. Le terme politique est donc réquisitionné par les démagogues qui s'alarment d'une soi-disant guerre civile, d'une horde de sarrazins venus égorgés leurs filles et compagnes (refrain connu). Navrant, mais il serait trop simple de se contenter d'une névrose à la rose, ces petits goebbels du haut-débit méritent qu'on leur rentre dans le lard, trop simple de les laisser tenir le crachoir. C'est tout le discours politique qui du coup s'en trouve confisquer entre droite, droite extrême, intégrisme général, fin de la nuance. Retour à des relents d'entre deux guerres quand la France s'inventait un facisme à la mode de chez nous. Là, dans ces tribunes ouvertes aux populistes sans vécu la République est en danger, pas dans les rues où des citoyens s'expriment, malheureusement par la violence, mais après tout comme toujours ça a le mérite de relancer les débats. On entend que quelque chose ne va plus, que peut-être la fin de la police de proximité, les coupes dans les budgets sociaux de prévention, dans les progammes de formation, les suppressions pures et simples de postes d'enseignants, la stygmatisation d'une population par des discours extrémistes et démagogiques de la part de ministre aux larges ambitions, l'augmentation des bavures de 37 % depuis le retour de Nicolas Sarkozy à l'intérieur, tout celà s'est ajouté pour l'embrasement. Le 21 avril était un accident dans le sens ou la majorité de ce pays à l'instant du second tour n'avait guère le choix de s'accomoder des idées de la droite. Le problème est dans les conséquences du 21 avril, sous prétexte qu'un parti xénophobe a totalisé 5 millions de voix, (ce qui est énorme mais nous sommes 65 millions) nombre de penseurs à la petite semaine, juste haineux par frustration, déboire personnel, incompétence, bêtise, ignorance, la liste serait longue tant les racistes font plus pitié qu'autre chose, ces névropathes donc se croient autorisés à dire tout et n'importe quoi, à cracher sans avoir réfléchi une demi-seconde, ils confondent musulmans et arabes, France et ancien régime, persuadé que dans un parti politique leurs idées ont plus d'ampleur, petits individus sans courage, ils leur manquait cette meute, cet abri pour se persuader peut-être qu'ils existent et que quelqu'un, quelquepart va les aimer, les soutenir, les comprendre, enfin quelqu'un... français de souche à 25 générations avec consanguinité attesté et cerveau capitonné. Allez un petit proverbe batabwa pour finir, "L'intelligence est un fruit qui se ramasse dans le jardin du voisin." ou mieux un proverbe Malinké : "Tu finiras par aimer celui qui t'auras bousculé pour te faire avancer."

 

 

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par abo publié dans : Edito
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Vendredi 28 octobre 2005

vendredi, 28 octobre 2005

medium_picture4.jpgIl a fait pas mal beau hier. Je venais tout juste d'acheter mon pain, le pharmacien de la place qui est gentil comme un dealer à la rentrée étudiante conseillait une cohorte de vieux sur la nécessité de se faire vacciner contre la grippe, d'acheter du Tamiflu en cagette de 100, et d'arrêter de fréquenter des poules qui connaissent des migrateurs, c'est que même chez les bêtes à plume tout ce qui voyage a mauvaise réputation, allez savoir pourquoi y'aurait des oiseaux voleurs de poules qui se soignent à l'anisette et jouent de la guitare debout jusqu'à pas d'heure...
Moi je dis que le meilleur moyen de pas chopper ce gros rhume qui tue c'est encore de garder le sourire. Je traverse l'hiver sans m'en faire, je me fais un peu chier c'est sur mais y'a toujours de l'animation... hier je suis tomber sur un chantier de décontamination de dioxine, en tant que voisin hein, vu que l'ancienne décharge je la connaissais bien pour y avoir appris à tirer à la 22 sur les rats. Et ben vla ti pas que débarque une bande de scientifiques chevelus attifés comme des apiculteurs du dimanche, on aurait dit l'équipe cousteau qui planquait des méduses. On a causé un moment vu qu'ils en connaissaient un rayon sur les danger de la prolifération, la pandémie et tout le toutim, mais bon faut quand même voir que des métiers de fainéants qui coupent les cheveux en quatre y'a qu'à se baisser pour en trouver. Quand je pense que la vache folle c'est la faute aux indiens qui jettent tout dans le gange. D'ailleurs après avoir fait trembler l'europe toute entière on en est où du fléau ? 9 morts Respect pour les familles mais on nous a gentiment chatouiller la paranoia pour pas grand chose alors, au moins on est sur que les vaches mangent plus de vaches...
Et les porcs?  Dès qu'on met le nez dans ces histoires on va vers la une gentille angoisse du 20 heure, entre deux cyclones, trois où quatre guerres, quelques milliers d'immigrants qui se jettent sur les barbelés de l'Europe. On se demande si ça laisse du temps aux chômeurs pour penser à leurs petits soucis... Ca me rappelle l'histoire d'un collègue qui s'était acheté une encyclopédie médicale pour se détendre après le boulot, il a fini plus hypocondriaque qu'un Druker à poil long, je crois même qu'il en est mort avant d'arriver au chapitre des virus mutant...
Le plus drôle dans tout ça c'est qu'en Afrique ils ont beau gueuler, les labos pharmaceutique bougeront pas le petit doigt pour quelques millions de morts du SIDA à venir, femmes, enfants et tout et tout ... Un conseil amis Africains faites mine d'abattre quelques centaines de poules avec un peu de chance tout ce beau monde qui contrôle les brevets et organisent la pénurie finira bien par se retourner sur vous, s'ils arrivent à lever le nez de leurs dividendes...

17:17 Publié dans La retraite à Paulo | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

par abo publié dans : Edito
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Mercredi 6 juillet 2005

medium_nora-lan_004.4.jpgMaison de chômeur, du type "A la Tom Sawyer", France 2005.

"[...] Aussi, je ne peux m’empêcher de soupçonner ceux qui plaident en faveur d’une réforme du marché du travail soit de s’avancer masqués, soit de rouler inconsciemment pour le compte d’autres, plus radicaux, dont le véritable objectif n’est pas de réformer le marché du travail, mais d’en finir avec le droit du travail."par Denis Clerc in Alternatives économiques.


Dans les temps de doute, de crise, d'occupation... la france revient à ses bonnes habitudes, à ses vieux démons diraient certains. Elles bouc-émissairise, néologisme qui mériterait d'être plus lisible tant son usage est en passe de devenir une véritable posture réflexe. Un problème avec l'Europe, c'est le plombier polonais, le turc fourbe. Un problème avec les JO ? C'est l'Anglais, l'apôtre de la malbouffe qui veut nous chasser du paradis du sport-business. Un problème de croissance et c'est du coté du chômeur qu'on va chercher la cause. Les habitudes Françaises sont impressionnantes de persistance. Ainsi nous sommes dans l'an I de l'ère Dominique de Mie de pain, les chômeurs vont donc attaquer le pain noir pour solutionner tout ce qui ne marche pas et le reste. Denis Clerc dans son article souligne combien tous ces projets de Contrat Nouvel Embauche sont hasardeux et sans doute promis à l'échec, mais au-delà de ces questions de choix politique, il faut se pencher sur ce qui arrive sur le terrain, y mettre le nez. Hier pour exemple, entre ANPE locale et ASSEDIC, larmes et crise de nerf, une jeune fille qui pour une question de suivi de courrier se retrouve dans la panade sans indemnités, des dossiers réexaminés après quatre mois de recherche intensive et infructueuse où on vous annonce que vous n'en avez pas fait assez, cad vous auriez du prendre n'importe quel boulot et oublier de penser à long terme. Donc la question pour les chômeurs est désormais une question de survie, rien ne l'indique, mais tous y pense, et si l'allocation chômage finissait par disparaître ? Des conseillers à qui on en demande plus que jamais, des chômeurs sur qui la pression déjà grande pèse un peu plus, la réforme du Pare a poussé nombre d'entre eux vers le RMI, dont rappelons-le le nombre de bénéficiaire est passé de 7000.000 à plus d'un million de 1994 à 2004, + 80.000 rien que pour l'année 2004. Entre persuasion, stigmatisation, menace de radiation il est de plus en plus difficile de chercher un emploi sans se sentir oppressé. Et la situation de demandeur nécessite de la sérénité, pour rester crédible, ne pas se disperser, continuer de croire en ses chances après des années. Du côté des employés de l'ANPE c'est assez simple on leur demande désormais de remplir les fonctions de recruteur, type gestion de ressources humaines, mais surtout de faire le tampon social : assistance, aide médico-psychologique bientôt, c'est à peu près ce que l'on demande aux profs, tenir, face à des réalités qui se délitent, des cas de plus en plus difficiles, et des situations où tout se conjuguent : endettement, chômage, logement insalubre. L'effet boule de neige en quelque sorte. La priorité serait donc de cesser de stigmatiser une frange de la population qui tente avant tout de s'en sortir, pour les soutenir, eux dont l'exemple sert en permanence de menace sourde: "Ca peut vous arriver, du jour au lendemain, une fermeture d'usine, un manque de chance, un manque de zèle... et vous devenez un des leurs, dans la longue colonne anonyme des invisibles."

........................................................Petite contribution supplémentaire..............

Cette vague copie du logo pepsi coûte 2.5 million d'euros

De récents travaux tendent à prouver qu'aux alentours du 21ème siècle, probablement au début... il existait une catégorie de personnes, citoyens, au sens de l'époque, qui, privés de travail, se voyaient généralement contraints à supporter les ricanements de leur contemporains, traités de "fainéants", soumis au "quand on veut on peut...", après plusieurs lois visant à forcer les fainéants à se mettre au boulot, les récalcitrants finirent par être échangés contre des plus motivés, peu onéreux, et dont on avait la garantie qu'il ne saurait pas lire leurs contrats de travail ni hausser le ton. Dominique de Mie de Pain, président du conseil de l'époque l'avait bien précisé : les vacances étaient fini, alors à tous ceux qui "profitaient du système", préfèrant les produits de la banque alimentaire où des restos du coeurs aux tête de gondole de chez Carrouf, c'en était fini des beaux jours, il allait falloir s'y mettre et participer à l'effort de guerre du pays contre... (contre quoi au juste?) N'importe quel boulot pour 700 euros par mois ! "Un travail précaire vaut mieux que pas de travail du tout ! entendait-on chez les têtes pensantes du Medef. Au 20éme siècle siècle les mêmes soutenaient qu'en dessous des 60 heures de travail hebdomadaire l'ouvrier peinait à s'épanouir, que le travail à la mine à 14 ans formait la jeunesse.

Ouvriers Qualifiés de Nestlé apprenant dans la joie leur prochaine délocalisation.


Coup de grisou pour les précaires, à présent que les sociologues ont défini la classe des "travailleurs pauvres" y'a plus qu'à foncer ! Les chinois le font, pourquoi pas nous ? Ce nivellement par le bas de la valeur travail marque l'avènement d'une nouvelle ère, une forme de STO va s'instituer, travail obligatoire pour les sur-diplômés ne trouvant aucun débouché, CDI lentement transformé en CDD avec des périodes d'essai s'étalant sur 2 ans, ce qui signifie, puisque la précarité n'est pas qu'un mot, une mise sous tension permanente chaque jour de la vie de l'employé, l'absence totale de confiance dans le lendemain. La peur en somme, cette même peur dont Paul Virillo a bien défini le rôle dans la contrainte sociale et de contrôle. Ce qui pour les économistes produit un émoussement de la consommation, pour les salariés un déclin de leur santé, une dépendance plus grande à tout type de drogue permettant de tenir (anti-dépresseur, alcool, télévision). Pour ce qui concerne le logement, désormais que les propriétaires exigent de multiples garanties, le CDI précarité ne permettra pas de trouver des cautionnaires. S'ajoutant à la longue cohorte d'intérimaires habitués au ballotage de leurs droits, traités comme des pions on en sera bientôt rendu à reconsidérer la valeur boulot comme une valeur dépassée.
Message d'espoir du type "Positive attitude" par des locataires précaires
par abo publié dans : Edito
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Mercredi 1 juin 2005

« La mort dans l’âme »

A l’heure ou le débat, tous les débats sur l’Europe fleurissent, l’information est partagée comme jamais, au gré des forums, des chats, des blogs, on peut vérifier qu’une frange au moins de la population s’est emparée des médias avec force et conviction. Ceux-là même qui sont les passeurs d’idées quant à eux sont cette année ciblés plus encore. Les journalistes, grands reporters en majeure partie, que ce soit en Irak ou Côte d’Ivoire… servent désormais par la menace qu’on fait peser sur eux la cause de nouveaux communiquant de la terreur plate. Parfois même c’est en creux qu’on devine les revendications des preneurs d’otage, à leur silence. Ils souhaitent tout simplement qu’une menace sourde délimite des zones de non information, coupées du monde. Assassinats, enlèvements définissent une nouvelle identité des journalistes, non plus par le média qu’il représente, par la qualité de leurs infos, mais par leur seule existence. Cela nous prouve que la terreur ne reconnaît aucun privilège. Il y avait déjà l’indifférence de nos médias, qui souvent abandonnent des continents entiers à leur sort, indifférence motivée par le manque d’attrait d’un sujet ou la concurrence déloyale de sujets people plus rigolos, il y avait aussi l’incompétence de certains et bien d’autres problèmes de concentration de la propriété de vendeurs d’armes, de biens, de colonnes à la une. Aujourd’hui faire de l’info dans le monde revient à préserver son indépendance dans un océan d’hypocrisie, de copinage et surtout de menace comme le souligne reporters sans frontières. Pour quelques milliers de sujets sur le tsunami combien sur le Darfour, sur le Sida en Afrique et dans le monde ? 28 millions de mort en 2005 est un chiffre, mais il mérite une analyse autrement plus approfondie, et même si l’Irak est au centre de nos préoccupations, c’est juste une question de proportion.

 L’info serait-elle en train de changer de forme ? Ce serait souhaitable. En tout cas l’expansion des nouveaux supports comme les blogs posent un tas de questions auxquelles les professionnels se devront de répondre. On peut dire tout et n’importe quoi sur le web, il n’existe pour l’heure pas de chartes des journalistes amateurs, c’est à l’écrémage qu’on jugera la propagande de la véritable info mais c’est une source supplémentaire de diffusion et donc de répercussions.

 

Pour l’heure les français semblent se montrer satisfaits de leurs journalistes. Souhaitons que cela dure et que l’émotion perceptible depuis l’enlèvement de Florence Aubenas et Hussein Hanoun en Irak ne soit pas la seule cause de cet intérêt. Car demain encore ce soutien sera vital, pour que ce ne soit pas la mort dans l’âme, l’esprit lourd de trouille que les passeurs de lucidité continue à traquer l’info où qu’elle se trouve.

par abo publié dans : Edito
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Mercredi 13 avril 2005

Charlie hebdo                                             DES INDIENS AU VATICAN  

C’était en 1979, une énigme apostolique et romaine allait bouleverser mon petit monde. Je faisais sans le savoir parti de la dernière brouette des baptisés de la région, la crise de 1973 effacerait bientôt toute foi en la religion dans les coeurs des bretons de l'intérieur. On allait retirer le crucifix graisseux du dessus de la cheminée, s'étioleraient comme neige au soleil les dragées de baptême qui faisaient ma joie… Il me faudrait de fait attendre l'année de mes huit ans pour vibrer de nouveau à l'unisson des adorateurs du grand dieu unique. A la télé un Zitrone en costume cintré déclamait l'info la plus stupéfiante jamais entendue depuis la pousse des pattes chez les têtards, j'en laissais tomber le Lucky Luke de mes genoux. « Aujourd'hui au-dessus de Rome une fumée blanche a suivi la fumée grise annonçant la nomination du nouveau pape. » Comme chez les Cheyennes, les Commanches et toute les tribus du Nouveau-mexique au Rio Grande. Les signaux de fumée n’étaient à pratiquer qu’en cas d'alerte. J’en tirais assez rapidement la conclusion que quelque chose de grave était arrivé : nous avions perdu notre homme-medecine, notre chamane blanc, l’unité de la nation indienne était menacée. Nous étions donc des indiens, enfin, j'en avais la preuve.

 Malheureusement, cette magnifique illusion n’allait pas perdurer, les années suivantes se chargèrent de me ramener à un semblant de lucidité. Je traquais tous les faits et gestes du nouveau chamane blanc, constatant assez vite qu’il s'apparentait bien plus au vendeur d’eau de feu qu'au sorcier surmonté d’une tête de bison menant des pow-wow d’enfer du crépuscule à l’aube. Il avait tous les attributs du bonimenteur perché sur une carriole rutilante, dans des habits de lumière amidonnée soldant sa camelote à des foules béates. Le prestige de l‘uniforme en un sens sans les pouvoirs de super héros, d’ailleurs il se prénommait Jean-paul, étrange sobriquet pour un sorcier de niveau II. En fait de vol Chamanique le Jean-Paul se contentait béatement de tour de stade de foots chapeauté d’une cloche à fromage sur son Austin mini. Seule véritable prouesse : sa capacité à apprendre des centaines de langue sans effort avec la méthode de catéchèse polyglotte. Notre Jean-paul n’était donc qu’un VRP de luxe pour un produit en perte de crédibilité, soumis à un rude concurrence ; du côté des baptistes à fusil, promettant un paradis exclusif, garanti sans cholestérol, des islamistes radicaux promettant vierges et rendement immédiats pour des capitaux flottant. Et sa hotte pleine de bons conseils pour les bons sauvages (SAV des siècles d’évangélisation forcé) : « croissez et multipliez-vous, n’ayez crainte du sida, une ouaille malade reste une ouaille. » Ces derniers temps le marché de la concurrence s’est ouvert aux églises de tous poils. Et le règne de l’image dans notre société a produit des tonnes de symboles. Les évangélistes, baptistes avec bible et fusil, ouvrant une théocratie à Madagascar comme les talibans l’avaient fait en Afghanistan. (Voir à ce sujet ce site parodique)

J'ai un ami journaliste qui bosse à la télé. Le genre d’ami qui porte du velours côtelé même en plein été et qui n’omet jamais de préciser que la télé cette « bible des idiots » n’est après tout faite que de ce qu’on y met. Logique en un sens mais pas seulement logique, dangereux aussi. Car lui que la lucidité jamais ne déserte, cette dernière semaine s’est profondément abîmé dans un jus de populisme et d’idolâtrie. Le mardi 5 il débarque à notre séance hebdomadaire de tennis ballon en hurlant : «Le pape est mort ! Vive le pape !» ce que je pris d’abord pour de l’ironie mordante n’était de fait qu’une conséquence de la contamination ayant sévi toute cette dernière semaine sur les habitants de notre généreux pays. Car qui aurait prédit cette semaine de dégorgement, d’épanchement hagiographique comme aux plus belles heures de la propagande de l’inquisition. Un son de cloche, un seul. 21ème siècle médiéval qui débute sur des fléaux planétaires, des martyrs planétaires et de la belle ouvrage en terme d’images. Ah ! La télé adore ça les martyrs en direct, un saint-père n’hésitant pas à s’exhiber jusqu’aux dernières heures du sacrifice. « Arc de communion mondial » dit-on, ce serait parfait si cette communion produisait des effets réels, mais il n’est question que de satisfaction immédiate, « Santo subito » comme on a pu lire sur de nombreuses bannières lors des obsèques du pape. Une béatification immédiate, de l’immédiat, parce que cette bulle qui enfle finira bien par crever.

Les philosophes parleraient de post-modernité rappelant finalement assez la pré-modernité (moyen-âge) et son cortège d’idolâtrie. La part de post-modernité tient surtout dans les outils de propagation de l’info, comme pour le tsunami dévastateur dont tant de pauvres occidentaux furent les victimes, là-bas sur ces paradis du bout du monde que l’occident entretient à ses frais. Les télés ont relayés jusqu’à l’écoeurement les images, sans recul, comme pour le 11 septembre 2001 jusqu’à les rendre absurdes, creuses. Le sens dès lors remisé au second plan, la sensation, l’émotion sont de fait devenus les nouveaux critères de jugement. Et cette dernière semaine d’invasion de télé Vatican sur toutes les chaînes ne fait que confirmer ce qui avait été constaté en 1991 pour la première guerre du golfe, en 2003 pour la seconde. Les rédactions des journaux télévisés ne prennent aucun recul, reprennent mot pour mot les communiqués officiels du Vatican, comme celle des généraux américains durant la guerre. Ajoutons-y les drapeaux en berne, la sanctification télévisuelle d’un comédien raté, homme de paille de l’Opus Dei, principal pourvoyeur d’une morale manichéenne, continuateur en un sens des grandes œuvres de l’église des siècles durant. On se félicite de ses prêches en pays de dictature, de ses messages de paix.  Mais qu’on cite seulement un pays ou sa parole a produit un effet bénéfique.

La France est donc à nouveau fière d’être la fille aînée de l’église. La radicalisation des appartenances est en marche quoi qu’on en dise, peut-on compter sur les médias pour faire œuvre de filtre, laisser le temps de la critique, de la réflexion jouer son œuvre pour décemment maintenir un semblant de cohésion. Le temps joue t-il pour ou contre nous ? Dès ce soir sur TF1 notre cher Président inaugurera un nouveau type de débat, la politique people à la sauce Chain, Delarue, Fogiel, la chose publique aux mains des VRP et du business de l’information. Pour un sujet aussi complexe que celui de la Constitution Européenne quelques simplifications ne seront pas de trop.

A mon tour j’allume un grand feu, que les quelques indiens perdus au milieu des visages pâles guettent les fumées à venir.

 

par anton abo publié dans : Edito
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Lundi 28 mars 2005

éditorial : numéro zéro

Crise du logement. Qui bouffe l'espace ?

Ou dormir ? C'est quoi d'avoir un toit bien à soi au-dessus du crâne. Pourquoi quand d'aucun squattent, d'autres militent pour se loger, d'autres crèvent entre quatre murs, d'autres ouvrent des valises de billets sous le nez des promoteurs pour des longères en centre Bretagne. Le territoire, le chez soi, le logis, jamais sans doute la question n'a été aussi cruciale qu'en ce début de siècle, nous sommes plus nombreux, le confort est devenu la priorité des priorités, une bulle ou se réfugier, une bulle pour se protéger des attaques acides, des mendiants, des voisins, du chaos, des complications. les français sont devenus des Bernard L'hermite qui savourent encore et encore leur foyer. Y a t'il un droit au logement ?

 REPORTAGES

Tchétchénie mode d'emploi

Dieudonné est-il vraiment anti-breton ? Si oui trouvera t-il un endroit ou dormir ?

Les Anglais débarquent. Crise du logement au pays des korrigans. Comment ouvrir son propre squat ?

LES CHINOIS SONT ILS AUSSI CONS QUE NOUS ?

Dali est il mort ?

Réactiver le surréalisme

Que devient le sous commandant Marcos ?

Le droit du travail - devoir d’en baver ?

NOUVELLES INEDITES

CRITIQUES CULTURELLES /

El fernando fait son ciné. Littérature et polars.

PHOTOGRAPHIES

 

A VENIR dieu – lettres – tsunami – la glande

Le kilimandjaro a perdu ses neiges éternelles. Signe du temps, signe d’un étiolement de l’essentiel. Mais qui mieux que tout un chacun pourrait se permettre d’avoir un avis sur tout. C’est de cette haute réflexion qu’est né Mandjaro, blog informatif et ludique résolument tourné vers tout ce qui fait et défait notre époque (ou presque). Dali en appelait après les sentinelles de répugnance, reprenons le flambeau, il importe de se tenir loin au-dessus de la mêlée, et la mêlée n’a jamais été aussi touffue, pour aboyer en gardant à l’esprit que ce qui importe c’est de ne pas perdre ses illusions, au contraire il faut les arroser encore et toujours. Ici tout paraîtra pêle-mêle parce qu’il est question de résistances, question d’avoir un œil de trop peut-être sans négliger de s’en servir. Question de littérature, de poésie et de récits de voyage. Question en un sens de regrouper ce qui nous rend vivant.

Le débat public n’aura jamais été aussi animé et pourtant le tissus social fout le camp, I0 % de chômeurs, une précarisation croissante. Plus personne n’oserait croire que nous sommes à la veille de quelque chose de grand ou de neuf, au mieux, nous allons vers la catastrophe, au pire nous y allons vite, elle sera planétaire, écologique, et donc militaire puisque la guerre a déjà commencé pour le contrôle des ressources. Les États-unis n’ont ni signé, ni ratifié le protocole de Kyoto mais dans leur politique ses conclusions servent déjà de toile de fond. Contrôler les ressources, les territoires, les consciences pour vendre et subsister, si possible en restant gros. De fait il s’agit d’imposer la Pax Americana pour contrôler toute discordance, toute velléité de concurrence. Libéralisme grand et retors qui n’est qu’une illustration de la grande foire d’empoigne qui se prépare. Un milliard et cinq cent millions de chinois auront-ils raison de pondre à la suite des voitures à 3000 euros? La place, le manque de place, les maigres ressources seront les questions de demain, le sont déjà aujourd’hui, le logement dans les villes, dans les campagnes est d’ores et déjà au premier rang des préoccupations de tout un chacun.

PS : intégrisme est-il le dernier sursaut d’un islam au bout de ses mutations?

par anton abo publié dans : Edito
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