
kinékiffé
Maison de chômeur, du type "A la Tom Sawyer", France 2005.
"[...] Aussi, je ne peux mempêcher de soupçonner ceux qui plaident en faveur dune réforme du marché du travail soit de savancer masqués, soit de rouler inconsciemment pour le compte dautres, plus radicaux, dont le véritable objectif nest pas de réformer le marché du travail, mais den finir avec le droit du travail."par Denis Clerc in Alternatives économiques.
Dans les temps de doute, de crise, d'occupation... la france revient à ses bonnes habitudes, à ses vieux démons diraient certains. Elles bouc-émissairise, néologisme qui mériterait d'être plus lisible tant son usage est en passe de devenir une véritable posture réflexe. Un problème avec l'Europe, c'est le plombier polonais, le turc fourbe. Un problème avec les JO ? C'est l'Anglais, l'apôtre de la malbouffe qui veut nous chasser du paradis du sport-business. Un problème de croissance et c'est du coté du chômeur qu'on va chercher la cause. Les habitudes Françaises sont impressionnantes de persistance. Ainsi nous sommes dans l'an I de l'ère Dominique de Mie de pain, les chômeurs vont donc attaquer le pain noir pour solutionner tout ce qui ne marche pas et le reste. Denis Clerc dans son article souligne combien tous ces projets de Contrat Nouvel Embauche sont hasardeux et sans doute promis à l'échec, mais au-delà de ces questions de choix politique, il faut se pencher sur ce qui arrive sur le terrain, y mettre le nez. Hier pour exemple, entre ANPE locale et ASSEDIC, larmes et crise de nerf, une jeune fille qui pour une question de suivi de courrier se retrouve dans la panade sans indemnités, des dossiers réexaminés après quatre mois de recherche intensive et infructueuse où on vous annonce que vous n'en avez pas fait assez, cad vous auriez du prendre n'importe quel boulot et oublier de penser à long terme. Donc la question pour les chômeurs est désormais une question de survie, rien ne l'indique, mais tous y pense, et si l'allocation chômage finissait par disparaître ? Des conseillers à qui on en demande plus que jamais, des chômeurs sur qui la pression déjà grande pèse un peu plus, la réforme du Pare a poussé nombre d'entre eux vers le RMI, dont rappelons-le le nombre de bénéficiaire est passé de 7000.000 à plus d'un million de 1994 à 2004, + 80.000 rien que pour l'année 2004. Entre persuasion, stigmatisation, menace de radiation il est de plus en plus difficile de chercher un emploi sans se sentir oppressé. Et la situation de demandeur nécessite de la sérénité, pour rester crédible, ne pas se disperser, continuer de croire en ses chances après des années. Du côté des employés de l'ANPE c'est assez simple on leur demande désormais de remplir les fonctions de recruteur, type gestion de ressources humaines, mais surtout de faire le tampon social : assistance, aide médico-psychologique bientôt, c'est à peu près ce que l'on demande aux profs, tenir, face à des réalités qui se délitent, des cas de plus en plus difficiles, et des situations où tout se conjuguent : endettement, chômage, logement insalubre. L'effet boule de neige en quelque sorte. La priorité serait donc de cesser de stigmatiser une frange de la population qui tente avant tout de s'en sortir, pour les soutenir, eux dont l'exemple sert en permanence de menace sourde: "Ca peut vous arriver, du jour au lendemain, une fermeture d'usine, un manque de chance, un manque de zèle... et vous devenez un des leurs, dans la longue colonne anonyme des invisibles."
........................................................Petite contribution supplémentaire..............


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