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  • Après Citroën et le fracas des carcasses métalliques sur la chaîne hypocrite qui nous la joue "encore un tour", nous les ouvriers on adore écouter du Bach, dépenaillés, en songeant à des mots que plus personne n'utilise et puis, bonnet vissé jusqu'aux oreilles, le nez au vent, les vapeurs de cambouis insinuées dans chaque épaisseur de coton, on court au cinoche pour regarder les autres sur l'écran, en songeant à l'amitié, aux illusions de jeunesse, à la bouffonnerie généralisée des rapports humains, et au maton du ferrage, le jeanjean chef d'équipe qui demain pourrait bien se retrouver une chignole dans la zébrure à réciter son cahier des charges, aux tuméfiés de l'aquarium aussi, les playmobils, chacun sa couleur, bleu et rouge, jaune et bleu, gris pour la maintenance, cravate pour la décadence de la promotion. On y songe et puis on franchit la ligne, les belles portes vitrées de la grande salle, ou le carré soigné de la Arts et essais, et là, silence, recueillement, plus question de bagnole, de fraiseuse ou de soudure à froid, on devient philosophe son petit bonnet tortillé entre les doigts, on se dit que ça a toujours été comme ça, qu'on s'en fout des miteux. Et qu'histoire de faire la peau aux idée reçues, on mangerait bien du polar, du film noir.

Lundi 23 mai 2005

Photo Le Poher. Hebdo du centre bretagne


On l’a suffisamment répété ici, la question du logement est ces derniers mois en permanence sur le devant de l’actualité. Qu’un Gaymard, ministre de son état soit contraint à la démission pour une sordide histoire de logement de fonction et c’est la partie immergée de l’iceberg d’un problème qui touche tout le territoire français, Paris en premier lieu ou comme toujours si les problèmes sont les mêmes qu’ailleurs, leur visibilité criante confine à la caricature. Intra-muros les prix ont tant flambé que l’exode des classes moyennes au-delà du périphérique ne cesse de s’accélérer. La région parisienne s’étale dorénavant sur un périmètre qui ne devrait s’arrêter qu’en Champagne ou Seine maritime. Quid des logements sociaux promis ? Quand des milliers de mètres carrés dévolus à la spéculation restent tout bonnement vides ( 2 millions de logements vides en France en 1999, voir chiffres du DAL . La demande de logements ne cesse d’augmenter.
Un petit bilan s’impose :

Il y a des situations d’urgence Le nombre de mal logés et de sans logis reste important.
- 1,6 millions de personnes vivent dans des logements sans douche, WC ou les deux
- 1 million de personnes sont logées en situation de surpeuplement accentué
- 550 000 personnes, dont 50 000 enfants, vivent dans des hôtels, des meublés ou sous-locataires
- parmi les locataires, 300 000 ménages sont en situation d'impayés de loyers dont deux tiers dans le parc social, soit environ 1 million de personnes
- 146 000 personnes dans des maisons mobiles (recensement 1990)
- 10 000 sans abri à Paris pour une nuit moyenne de l'hiver 1995
- 86 000 personnes étaient "sans domicile".
Source : Ministère du Logement, de l'Equipement et des Transports - Questionnaire de la Commission de la Production et des Echanges. Projet de LFI pour 2001 et INSEE enquête 2001 sur la population "fréquentant les services d'hébergement et les distributions de repas chauds"
Le 7ème rapport de la Fondation Abbé Pierre, publié en mars 2002, recense trois millions de personnes mal logées en France dont, 86 000 sans domicile, 200 000 personnes hébergées durablement en hôtel, en habitat de fortune ou par des parents et amis, un demi million de personnes vivant en habitat temporaire ou précaire et deux millions de personnes dans des logements dépourvus de confort sanitaire de base. (SOURCE : Droit au logement)

Des immigrés en situation régulière s’entassent dans des hôtels bon marché à leur risques et périls. Jean Louis Borloo promet la lune avec son plan contre la fracture sociale en tête de pont d’une  prose gouvernementale campée sur des chiffres gros comme une montagne:

« 500.000 nouveaux logements
Doubler le nombre de logements sociaux et inciter le marché locatif. Le deuxième axe du plan Borloo: s'attaquer à la crise du logement. D'abord rattraper le retard en construisant des logements sociaux: 70.000 cette année, 80 à 85.000 l'an prochain, pour atteindre 500.000 nouveau logements HLM en 2009. Pour ce faire, 3 millions de mètres carrés pourraient être mobilisés à Paris ou en région parisienne (par exemple des terrains qui appartiennent à la SNCF), et les financements seront simplifier pour accélérer le processus. Le ministre envisage parallèlement de récupérer des logements vacants dans le parc privé. L'idée est de trouver un système sécurisant pour garantir aux propriétaires, frileux face aux défauts de paiements, leur garantissant leur loyer en cas de non paiement du locataire. Cela pourrait permettre de remettre 100.000 logements sur le marché.Dernière mesure: le logements d'urgence vont être augmenter pour éviter l'hôtel durable aux familles expulsées. 12.300 places supplémentaires d'accueil et d'hébergement d'urgence, dont 4.000 places en maisons-relais pour des personnes en grande difficulté, et 7.000 pour des demandeurs d'asile, devraient être créées d'ici à 2009, afin d'atteindre 100.000 places. »

Source : RTL

mais les expulsions n’ont jamais été aussi violentes que ces derniers temps. Et Droit Au Logement souligne que sur 500 relogements promis il y a des mois seuls 250 ont eu lieu.

 

En ces temps où précarité croissante et spéculation font bon ménage la situation sur la région parisienne est loin d’être une exception. Depuis quelques mois en Bretagne un vent de révolte gronde. A stroll en anglais signifie promenade, ballade, un mot tout en légèreté, bucolique même comme cette bonne vie à la française calme et tranquille que viennent chercher de nombreux nouveaux arrivants de ce côté-ci de la manche. Stroll est aussi un mot breton qui signifie collectif, en l’occurrence c’est le nom du collectif « ensemble pour le Trégor goélo » qui depuis quelques mois s’est mobilisé contre la spéculation immobilière qui sévit en bretagne. Ils dénoncent « la flambée des prix qui est un facteur d’exclusion pour les jeunes et les familles les plus modestes. L’arrivée massive de riches nantis qui alimentent le déséquilibre du marché de l’immobilier.» Collectif visant à défendre les intérêts de la Bretagne  A Stroll n’a pas hésité à utiliser le terme de colonialisme économique, ce qui dans un premier temps a fait grincé de nombreuses dents jusqu'en Angleterre mais cette provocation aura eu le mérite d’alimenter le débat. Ils réclamaient des élus un droit de préemption sur les logements vacants, la création d’un établissement public foncier au large source de financements pour aider les petites communes à exercer leur droit de préemption. C’est chose faite. Mais le conseil régional n’aura pas les épaules pour alimenter ce fond. Le débat est donc lancé et c’est une bonne chose, localement A Stroll ne fait que récupérer la lutte du DAL, mais il y la spécificité du cas du centre Bretagne.

Et l'Intégration des anglais ? Et si les poules aux oeufs d'or voyaient les choses sous un autre angle ? Souvent retraités ils fuient de fait par ras le bol un pays ou la flambée immobilière est sans commune mesure avec la notre, ou la protection sociale est réservé aux plus riches, un système que Blair entretient dans les pas de Thatcher. Il serait bon de voir la situation comme la marque d'un problème européen, la bretagne n'est pas une terre habituée à une forte immigration, mais pour autant elle est une terre d'accueil et d'ouverture sur les cultures du monde. Dans cette affaire de logements c'est aussi une question d'intégration: dans les deux sens. Les anglais installés seraient sans doute heureux de participer à l'avancée du débat, avant tout il faut jauger les vrais problèmes, le centre bretagne moribond profite aussi de l'installation des nouveaux arrivants. Reste qu'il y a cette affaire de la langue: l'état français, tout tremblotant n'accorde rien à la langue bretonne qui ne met pas en péril l'intégrité de la république quand il çède face aux corses. Si c'est par crainte du communautarisme c'est louable mais le communautarisme est une conséquence de l'absence de dialogue, et Sarkozy d'ici peu imposera sa discrimination positive en lieu et place du dialogue : un préfet musulman, un ministre trégorois, des sénateurs scientologues... L'état n'a toujours pas compris qu'un système à l'espagnol, intelligemment décentralisé était une source d'enrichissement et non de problèmes. Le gouvernement a préféré institué une décentralisation jacobine, laissant aux régions et collectivités locales plus de charges que de moyens, manière de se délester un peu plus, de poursuivre l'abandon des services publics.
Il y face à la question des langues régionales la même peur que face à l'indépendance de nos micro-colonies éparpillés, quand l'angleterre lâche Hong-kong on applaudit mais on s'accroche à la Guyane et au West indies comme si l'honneur du pays en dépendait, c'est pathétique, comme si toute la pensée d'un pays était passé sous la coupe règlée d'adepte du soin palliatif. Euthanasie pour la France du passé ? Pour un pays qui ne sait se réformer que sur le versant économique, en se délestant du meilleur (les services publics) sans rien offrir d'alternatif.

Prenons un autre exemple : la situation des sans domicile, des mal logés dans notre beau pays, qu'ils soient victimes de discrimination sociale, raciale, le résultat pour eux est le même, malgré la quantité de logements vacants, malgré la réactualisation des lois sur la discrimination, rien n'y fait. Le DAL usant d'un euphémisme parle de réquisition de logement vides, appelons les choses par leur nom : le squatt est peut-être en passe de devenir la solution d'avenir pour les milliers de précaires, étudiants, étrangers, sans-papiers. Le sacro-saint droit à la propriété qui conditionne les difficultés actuelles ne serait-il pas adaptable, voir aisé à contourner puisqu'il semble que ce soit là le dernier recours. Aucune politique de réquisition par les mairies, les conseils généraux n'ayant été mis en place, le secteur de l'immobilier est devenu l'un des plus concurentiel et ouvert au n'importe quoi. Apparemment le relogement d'urgence en hôtel bon marché, de situation de remplacement est devenu situation durable, le récent et dramatique incendie sur Paris tire la sonnette d'alarme dans ce sens aussi. La situation est on ne peut plus préoccupante, et au-delà des voeux pieux rien n'est fait pour concrètement arranger la situation. A SUIVRE ICI EN MAI UN DOSSIER COMPLET SUR LES SQUATTS.

par anton abo publié dans : Actualités
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