Il y avait des histoires à reconter et puis, au fil de la plume, les personnages, leurs sentiments, aigreurs ou espoirs, leurs luttes, leurs possibles disparitions, tout celà a fini par se mouvoir, se confondre, par acquérir une autonomie propre. Aussi, si ne restent que de sbribes, des évocations, des pièces rapportées, si ne demeure en fil rouge que l'acharnement du narrateur à vouloir fixer ce que lui-même oublie plus vite qu'il ne le fixe, autant faire le récir de l'inconstance, de ce qui échappe, de ce qui s'éffiloche. Libre alors d'assembler ce que l'on croira en cohérence, de rejeter ce que l'on soupçonne de légèreté, de rétablir un semblantde narration là où l'histoire a ses croisements.
Puisqu'il est des lieux qu'on traverse à défaut de les enjamber, des lieux qui ne dureront qu'une saison, mais qu'on ancre en soi à l'abri d'un orgueil, ce journal ne saurait durer plus qu'une évocation.
Nuancée, tronquée c'est la carte imprécise d'une géographie intérieure, le récit d'un deuil, d'une lutte, d'un exil.
C'est un menu pour qui daignera croire qu'un personnage en bout de course pouvait redevenir un homme.
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