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  • Après Citroën et le fracas des carcasses métalliques sur la chaîne hypocrite qui nous la joue "encore un tour", nous les ouvriers on adore écouter du Bach, dépenaillés, en songeant à des mots que plus personne n'utilise et puis, bonnet vissé jusqu'aux oreilles, le nez au vent, les vapeurs de cambouis insinuées dans chaque épaisseur de coton, on court au cinoche pour regarder les autres sur l'écran, en songeant à l'amitié, aux illusions de jeunesse, à la bouffonnerie généralisée des rapports humains, et au maton du ferrage, le jeanjean chef d'équipe qui demain pourrait bien se retrouver une chignole dans la zébrure à réciter son cahier des charges, aux tuméfiés de l'aquarium aussi, les playmobils, chacun sa couleur, bleu et rouge, jaune et bleu, gris pour la maintenance, cravate pour la décadence de la promotion. On y songe et puis on franchit la ligne, les belles portes vitrées de la grande salle, ou le carré soigné de la Arts et essais, et là, silence, recueillement, plus question de bagnole, de fraiseuse ou de soudure à froid, on devient philosophe son petit bonnet tortillé entre les doigts, on se dit que ça a toujours été comme ça, qu'on s'en fout des miteux. Et qu'histoire de faire la peau aux idée reçues, on mangerait bien du polar, du film noir.

Mardi 29 mars 2005

MENU DU MONDE APRES LE 11 SEPTEMBRE

Ce qui marque en général le début d'une histoire, c'est une alerte, un hérissement pileux, soudain, évident... La syntaxe suspendue prépare son achèvement à même la page blanche. Ils ont parlé d'agents dormants, mais peuvent-ils seulement s'imaginer que les deux tiers de la planète méritent cette même qualification d'agents dormants, de taupes en attente ? Ayant depuis toujours accepté d'être patient, de laisser le destin se jouer de nous. Jusqu'au jour où certains lassés d'espérer une vie meilleure, un monde différent, une Europe sociale, une reconnaissance etc. auront baissé les bras, lâcher du lest pour regarder au fond de leur verre, ou vrillé sans même y prendre garde passant de la frustration, de la révolte à la violence aiguillée, domptés par des pragmatiques, des adeptes de la réponse toute faite, du monde lisse comme un crâne de tortue. Ils n'y a pas d'agents dormants il y a des millions de personnes anesthésiés, jurant qu'on ne les y reprendra plus, que les prochaines élections changeront la donne. mais la machine politique posséde un impressionnant système digestif. Et certains mots comme celui de révolution sont devenus tabous, on leur préfère désormais le développement durable, pourtant on parlait de révolution permanente...

Pour l'heure c'est le matin. Les flèches évidentes iront de l'avant perforant les poumons d'acier. C'est le matin et l'avion s'échappe de la piste dans l'épaisseur du fuel en voile, dans les odeurs de caoutchouc chauffé. Larry pilote de son état ne répond rien aux questions en rafale de Diego, il sait d'expérience qu'aucune réponse ne calmera les nerfs du bleu. Le jeune est aussi excité qu'hier au départ de Denver. Le grand Larry fait celui qui n'entend pas. Il pense à sa petite dernière, à la sale nuit qu'il a passé, sur le pied de guerre, la môme dans les bras, des heures à tourner dans le grand appartement, attendant que les pleurs tarissent, attendant de dormir une heure ou deux. Il lui faut se passer de café. Ses doigts varappent délicatement sur le dénivelé du tableau de bord. Le bleu vient de contacter la tour, ça il le fait plutôt bien. Larry ne se souviendra plus, pour se souvenir il faut vivre. Non plus jamais ne lui reviendraient ces sensations confuses, cette hésitation au moment de préchauffe de l'appareil. Une curieuse atmosphère venait d'envelopper tout le cockpit. Scrutant la piste d'un air las il se contenta de retenir son souffle quelques secondes, comme pour chasser ce silence inhabituel, ce silence et les ronds des petits véhicules sur la piste. Dans moins d'une heure ils seraient morts.

Les hôtesses en démonstration, gainées de leur petits tailleurs bleus regardent dans le vide entre les sièges, enfilent les gilets de sauvetage avec des gestes d'automates, la lenteur d'un ballet khmer. L'avion n'est pas plein, ce mardi matin manque d'entrain. Quelques hommes pourtant, cinq au total, sont aussi concentrés qu'un bouquet de crevettes s'apprêtant à quitter leur petite mare.

Et s'il nous plait de ne raconter que le début c'est que nous connaissons tous la fin de l'histoire. Egorgés, pulvérisés, puis brûlés avant de finir projetés de plusieurs centaines de mètres à la verticale. Laissez mijoter quelques semaines vous obtiendrez à partir d'un formidable effet papillon la mort de plusieurs milliers de civils à quelques milliers de kilomètres de là. c'est tous les 10 ans et c'est aujourd'hui. Qui a dit que notre génération n'aurait pas sa guerre ?
Nous les aurons toutes.                   


 

 

 

 

par anton abo publié dans : Chroniques
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Lundi 28 mars 2005

éditorial : numéro zéro

Crise du logement. Qui bouffe l'espace ?

Ou dormir ? C'est quoi d'avoir un toit bien à soi au-dessus du crâne. Pourquoi quand d'aucun squattent, d'autres militent pour se loger, d'autres crèvent entre quatre murs, d'autres ouvrent des valises de billets sous le nez des promoteurs pour des longères en centre Bretagne. Le territoire, le chez soi, le logis, jamais sans doute la question n'a été aussi cruciale qu'en ce début de siècle, nous sommes plus nombreux, le confort est devenu la priorité des priorités, une bulle ou se réfugier, une bulle pour se protéger des attaques acides, des mendiants, des voisins, du chaos, des complications. les français sont devenus des Bernard L'hermite qui savourent encore et encore leur foyer. Y a t'il un droit au logement ?

 REPORTAGES

Tchétchénie mode d'emploi

Dieudonné est-il vraiment anti-breton ? Si oui trouvera t-il un endroit ou dormir ?

Les Anglais débarquent. Crise du logement au pays des korrigans. Comment ouvrir son propre squat ?

LES CHINOIS SONT ILS AUSSI CONS QUE NOUS ?

Dali est il mort ?

Réactiver le surréalisme

Que devient le sous commandant Marcos ?

Le droit du travail - devoir d’en baver ?

NOUVELLES INEDITES

CRITIQUES CULTURELLES /

El fernando fait son ciné. Littérature et polars.

PHOTOGRAPHIES

 

A VENIR dieu – lettres – tsunami – la glande

Le kilimandjaro a perdu ses neiges éternelles. Signe du temps, signe d’un étiolement de l’essentiel. Mais qui mieux que tout un chacun pourrait se permettre d’avoir un avis sur tout. C’est de cette haute réflexion qu’est né Mandjaro, blog informatif et ludique résolument tourné vers tout ce qui fait et défait notre époque (ou presque). Dali en appelait après les sentinelles de répugnance, reprenons le flambeau, il importe de se tenir loin au-dessus de la mêlée, et la mêlée n’a jamais été aussi touffue, pour aboyer en gardant à l’esprit que ce qui importe c’est de ne pas perdre ses illusions, au contraire il faut les arroser encore et toujours. Ici tout paraîtra pêle-mêle parce qu’il est question de résistances, question d’avoir un œil de trop peut-être sans négliger de s’en servir. Question de littérature, de poésie et de récits de voyage. Question en un sens de regrouper ce qui nous rend vivant.

Le débat public n’aura jamais été aussi animé et pourtant le tissus social fout le camp, I0 % de chômeurs, une précarisation croissante. Plus personne n’oserait croire que nous sommes à la veille de quelque chose de grand ou de neuf, au mieux, nous allons vers la catastrophe, au pire nous y allons vite, elle sera planétaire, écologique, et donc militaire puisque la guerre a déjà commencé pour le contrôle des ressources. Les États-unis n’ont ni signé, ni ratifié le protocole de Kyoto mais dans leur politique ses conclusions servent déjà de toile de fond. Contrôler les ressources, les territoires, les consciences pour vendre et subsister, si possible en restant gros. De fait il s’agit d’imposer la Pax Americana pour contrôler toute discordance, toute velléité de concurrence. Libéralisme grand et retors qui n’est qu’une illustration de la grande foire d’empoigne qui se prépare. Un milliard et cinq cent millions de chinois auront-ils raison de pondre à la suite des voitures à 3000 euros? La place, le manque de place, les maigres ressources seront les questions de demain, le sont déjà aujourd’hui, le logement dans les villes, dans les campagnes est d’ores et déjà au premier rang des préoccupations de tout un chacun.

PS : intégrisme est-il le dernier sursaut d’un islam au bout de ses mutations?

par anton abo publié dans : Edito
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Lundi 28 mars 2005

La rupture et l'extrême 

Port-blanc Quiberonjour sans

Nous avions déception permanente pour patrie d'envergure, mauvais vers pour tisser des abris de fortune, sinistre clown chaque matin, mémoire difforme, implacable sénors en grappe, pays de vieux sans écorces, juste bon à laisser filer ce qu'ils s'étaient construits. Non, nous n'avions pas la fièvre, le désir lentement qui s'élève, le divers, la chute impitoyable. C'est Icare aussi qui louvoie sous les nuages, derrière la barre trimer, glisser, faire enjeu de patience d'une simple levée d'eau. De la crête blanche, rosée, paquet d'eau qui vous noie et vous libère un jour, lessivé, heureux. Qu'est-ce que l'extrême ? C'est derrière chaque sensation une attente, un enjeu de patience, une vigilance pour comprendre ce paquet d'eau qui s'amène et indique déjà en sous-main ce qui le distingue d'un toit du monde. On est là, pieds congelés, la crampe qui guette, et d'un bond on est Moïse, aérien, mu par l'élan, tenu par des tonnes de rouleaux qui n'attendent que de s'écraser.

(àsuivre)

par anton abo publié dans : Chroniques
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Jeudi 24 mars 2005

Trop de blog tue le blog !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!???????????????????????????

"Abondance de biens nuit". "Et la chétive pécore s'enfla tant qu'à la fin elle creva" (clin d'oeil à JM Straub). ETC. Un bon dicton ça vous parait tout simplifier et puis finalement c'est trop simplificateur. En débarquant au pays des blogueuses et blogueurs, tous armés de grandes intentions nous ne nous attendions pas à ce raz de marée, à cette boursouflure de nombrilistes, épanchements juvéniles et corporatistes en tout sens. Passée la première surprise il faut bien avouer qu'il n'y aura qu'à faire avec, mais la lisibilité, la clarté, l'accessibilité, nuances toutes démocratiques, se méritent sur la toile. C'est en soi plutôt rassurant de voir que tout le monde y va de sa petite invention, de son petit pet. Reste à trier et rassembler pour que l'idée d'une information claire émerge.   

par anton abo publié dans : mandjaro.le-journal
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