W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

___________

 

 

               kinékiffé

  • A bittersweet life
  • A bittersweet life
  • Breaking news
  • Breaking news
  • Crying fist
  • Crying fist
  • J'irai au paradis car l'enfer est içi
  • J'irai au paradis car l'enfer est içi
  • La 25éme heure
  • La 25éme heure
  • la sociologie est un sport de combat
  • la sociologie est un sport de combat
  • Le cauchemar de Darwin
  • Le cauchemar de Darwin
  • Le couperet
  • Le couperet
  • Le petit Lieutenant
  • Le petit Lieutenant
  • les mauvais joueurs
  • les mauvais joueurs
  • Max
  • Max
  • Memories of murder
  • Memories of murder
  • Running on karma
  • Running on karma
  • Syriana
  • Syriana








  • Après Citroën et le fracas des carcasses métalliques sur la chaîne hypocrite qui nous la joue "encore un tour", nous les ouvriers on adore écouter du Bach, dépenaillés, en songeant à des mots que plus personne n'utilise et puis, bonnet vissé jusqu'aux oreilles, le nez au vent, les vapeurs de cambouis insinuées dans chaque épaisseur de coton, on court au cinoche pour regarder les autres sur l'écran, en songeant à l'amitié, aux illusions de jeunesse, à la bouffonnerie généralisée des rapports humains, et au maton du ferrage, le jeanjean chef d'équipe qui demain pourrait bien se retrouver une chignole dans la zébrure à réciter son cahier des charges, aux tuméfiés de l'aquarium aussi, les playmobils, chacun sa couleur, bleu et rouge, jaune et bleu, gris pour la maintenance, cravate pour la décadence de la promotion. On y songe et puis on franchit la ligne, les belles portes vitrées de la grande salle, ou le carré soigné de la Arts et essais, et là, silence, recueillement, plus question de bagnole, de fraiseuse ou de soudure à froid, on devient philosophe son petit bonnet tortillé entre les doigts, on se dit que ça a toujours été comme ça, qu'on s'en fout des miteux. Et qu'histoire de faire la peau aux idée reçues, on mangerait bien du polar, du film noir.

Vendredi 6 mai 2005

"On est tous des number one, même toi" me disait un autre ami, pas journaliste celui-là, ça lui permet au moins de garder un semblant de lucidité. "Tous numéro un ?" me demandais-je sagement installé en terrasse de mon café préféré dans les effluves de massala du boui-boui d'à côté. Non, malgré les efforts, impossible de m'identifier à cette affirmation, rien dans ma glorieuse et courte histoire ne portait à faire de moi un leader, une tête de pont, un premier de la classe, tête à baffes glissant sous les coups vers une renomée tardive. "Je vois pas le rapport avec la choucroute" rétorquais-je au bout de longues secondes imberbes. Non, rien gagné, jamais. Après pas mal de chutes, d'abandons, j'avais lâché la compétition cycliste non sans être devenu la mascotte de la voiture balai. J'en gardais une haine tenace pour le dopage et les fils à papa aux vélos ultra-léger. J'avais même, un dimanche, provoqué une chute en domino de tout l'avant du peloton, pour une fois que je tenais plus d'un tour dans le collectif fluo... Coupant court à ma rêverie mon pote pas journaliste me relança: " Réfléchis ! je te parle pas du parcours de santé de Val Coric ou de la course à l'oeuf de tes 10 ans. C'est directement de la plus cruciale, de la plus existentielle des compétitions dont il est question". Comme je ne voyais toujours pas, triomphant il renchérit :" On est tous les winner d'une première course pour la vie ! ta conception mon pauv' con ! Des millions de spermatozoïdes et noyé dans la masse on s'est donné au maximum pour arriver premier ! Et on la fait ! Premier ! l Si tu réfléchis, la terre est peuplé de number one ! Alors qu'on vienne pas nous bassiner avec des histoires de réussite professionnelle, j'ai pas à écraser mon voisin, ou à cracher sur le père Fourasse pour lui piquer sa place, on est tous égaux bordel, tous number one ! "
Imaginez une course où les perdants sont sacrifiés, laissés pour mort, tombés d'épuisement dans les sécrétions intimes. Terrain difficile, manque de souffle, nous les avons abandonné sans même nous retourner, et ils étaient nos semblables, nos frères d'armes. Mais c'était marche ou crève, c'était eux ou moi. Et peu importe qu'un futur Prix Nobel, un dirigeant du FMI, une marathonienne de tango soient restés dans les starting block, ce jour là c'était mon jour, ma chance et je l'ai saisie. Bon dieu ça vous mettait du baume au coeur de penser une chose pareille. Numéro UNO. Leader ! J'allais entonner un "on est des champions" anachronique debout sur ma chaise quand mon pote me stoppa net dans mon élan. "C'est pas le tout d'être number one, ça demande aussi du style, de la retenue."
Ainsi, nous sommes tous les fruits de l'amour et d'une implacable boucherie. La vie n'étant finalement qu'un gigantesque recommencement et un jeu permanent de chaises musicales, comme dans toute compétition le statut de number one s'entretient. Il faut jour après jour se donner pour réitérer cet exploit, pour se hisser à hauteur de la grande lutte pour la vie, la nature, l'écosystème. Enfin, je dis ça, c'est pas obligé, vu que le plus dur est fait. Faudrait quand même expliquer aux cyclistes que ça sert à rien de se doper vu qu'y sont tous maillot jaune au fond. La si ça lui redonne pas le moral à Poupou, et à tous les Poulidor de la steppe gauloise, aux adeptes des classements à couper les cheveux en quatre! Ouais mon vieux toi aussi t'es un leader, un meneur, un néo-libéral de la jungle humanoïde.
Spéciale dédicace à La Huche.

 

par anton abo publié dans : Enquêtes
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 25 avril 2005
LES AVENTURES DE CARUSO OLORUM

     un conte babylonien en quatre épisodes

                                                            par Leid Leim

ziggourat 1

 

 Dans la profonde forêt de Transylvanie, au milieu des steppes et de quelques pierres de châteaux en ruine vivait Caruso. Espèce d’humain solitaire qui passait le plus clair de son temps à la cime d’un séquoia de virginie, au sommet duquel il avait construit son univers, sa maison et son toit.

 

 

Sur son origine il ne savait pas grand-chose et tout ce dont il se rappelait se résumait à peu près à cela : il s’était réveillé un beau jour comme un nouveau-né sorti de l’eau de Jérusalem. Il avait pourtant vécu en compagnie des humains, ça il s’en souvient comme un cheveu lisse sur la langue, mais quelque chose définitivement s’était perdu. Comme un poids inexprimable, une apesanteur. « Heureux le simple d’esprit car le royaume de dieu est à lui » Caruso se souvenait de cette phrase sans en comprendre le sens logique mais en saisissait plutôt le cœur jaillissant, l’énergie subtile et parabolique qui en nourrissait ses mots.

Il écoutait plus volontiers les sens indéfinis de ces histoires onirico-mythiques qui l’envahissaient plutôt que la raison qui avait un jour noyé l’homme dans une carafe de vinaigre blanc. Caruso était l’amnésique heureux, issu d’un peuple dont il s’était défait par un évènement dont il ne se souvenait pas. Mais secrètement l’horreur absolue sommeillait encore dans sa mémoire, celle de la décadence du règne humain. C’était l’apothéose de la consommation pour elle-même, l’abrutissement des masses pour l’assujettissement à la création de besoins éternellement renouvelés, définitivement inutiles, devenus irrémédiablement nécessaire par le média de l’image corrompue, l’illusion de la nécessité uniformément distribuée par les couleurs trop pures pour être vraies, des reflets préfabriqués falsifiant le monde de l’imaginaire et imprimés dans le cerveau humain comme l’essence d’un ersatz du bonheur suprême sur terre.

Caruso n’avait que faire de ces considérations car de tout cela il s’était bel et bien libéré comme un wagon docile qui un jour se détache et oublie le temps.

Il vivait dans son arbre comme de l’eau contenant de l’eau et les images fugaces d’un monde perverti par sa propre lumière lui paraissait maintenant bien dérisoire, lointaines et futiles. Il passait ainsi le plus clair de son temps à rêver et ses nuits le nourrissait pour le reste de ses jours.

Aussi du monde et de la société des hommes il ne lui restait que quelques pièces de puzzle éparpillés dans le cosmos de son esprit, agrémenté de mots venus de nulle part qui apparaissaient sous la surface ondulée de son front comme des bulles de savon qui aussitôt repérées éclateraient en perles de lait molles et acidulées. Alors, du fait de son amnésie, son bonheur était quotidien et chaque parcelle de lumière au matin, dans les poumons de son âme illuminait ses rétines et lui inspirait un souffle de vie à chaque fois renouvelé. Il ne savait plus très bien son histoire et le temps réduit à son essence la plus significative par des montres molles qui transpiraient l’infini, n’éclairaient plus Caruso que d’un halo incertain, lui ayant fait oublié tout âge et toutes échelles de grandeur. Il était là comme le fut avant lui un troupeau de salpêtres scandinaves ou un poisson Cochin accroché à un tubercule. Caruso était de fait aussi à l’aise avec les autres espèces habitant la terre qu’avec les éléments qui l’entouraient. Avec chacun d’entre eux il entretenait un dialogue, peut-être une connivence. Aussi bien pouvait-il rester silencieux de longs jours, simplement émerveillé par la musique des symphonies élémentaires traversant son cœur.

 

LE REVE

Une nuit dans son arbre géant il fit un rêve des plus étranges ; Alors qu’il pêchait le Marcoussin à l’étang du Tantois, il vit s’approcher près de la ligne au fil de l’eau une araignée de la taille d’un pouce, qui semblait glisser sur la surface liquide et le narguer en réclamant entre les poils aiguisés de sa moustache thoracique.

« Carrrruso est bien stupide ! lança l’araignée. Caruso se souvient-il de rien ? Il pêche le Marcoussin, dort comme un bien candide, cueille les fruits et vit ainsi comme au premier jour de sa découverte au monde. Est-ce comme cela que tout devait-il arriver ? »

Caruso vexé lui répondit :

« Sache insecte puant aux mots déplacés que je l’ai choisie cette vie, elle est mienne et je m’en satisfais. Bien sûr je n’ai aucun souvenir d’avant mais seuls comptent le maintenant de l’ici et du là-bas. »

L’insecte s’arrêta brusquement et bondit sur les genoux de Caruso en le regardant sauvagement d’un air militaire.

« Déjà »lui dit l’insecte « mon nom est Sigmund, Sigmund l’araignée d’Opadelomaisdo, on était copain avant et je vais te faire retrouver la mémoire moi ! »

Sigmund sortit alors de son petit abdomen une tige en bambou au bout pointu et aux couleurs vives, remplit d’un liquide verdâtre et saumâtre qu’il planta frénétiquement sur le corps de Caruso. Il hurla de douleur en voyant le liquide se perdre dans le ruisseau de ses veines et se réveilla subitement noir de sueur et vert de gris.

« Quel cauchemar affreux » dit-il en inspectant soigneusement les membres intacts et sans boursouflures anormales.

Il s’assit alors sur une branche et contempla la lune qui s’était empli d’un jus de mars presque phosphorescent. Il essayait bien d’oublier ce mauvais rêve mais gardait malgré tout un goût amer de sa rencontre avec l’araignée et ne parvint pas à se rendormir. Il descendit de son nid et déambula pour se détendre en mâchant du Gouaké (racine de magnolia qui apaise les mots d’esprits). Je suis en paix ici pensa t’il, je coule des jours heureux et pourtant je ne comprends pas ces rêves qui perturbent mon rythme de vie. Ont-ils un rapport avec mon passé ? Y a-t-il un message à entendre ? Et puis cette araignée… Padelomédo… quelle bizarrerie !
Caruso marcha jusqu’à l’aube, Il lui revint alors à l’esprit les autres rêves perturbant qui l’avaient inlassablement réveillé car enfin Sigmund l’araignée d’O n’était pas le seul être étrange à s’être introduit dans son monde.
  
A suivre

par leid leim publié dans : Contes
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 22 avril 2005

 Dieu est en haillons sur le pas de la porte. Mensonge éhonté, son visage est glabre, sans la moindre cicatrice, un flûteau à la ceinture… L’œil est vif, mais trop haut pour être saisi. Je l’invite à entrer, son menton s’affaisse devant l’étal de gibier. J’ai un tas de questions mais je préfère rester muet. Sa bouche engloutit les poulardes, les fraises, le vin sans un sourire, le regard est droit, on n’entend plus guère que ses mâchoires qui se jettent l’une contre l’autre. Cerné en bout de table où chacun le scrute rien ne semble le distraire. Bientôt la dernière bouchée est engloutie. Il s’essuie d’un revers de la manche, porte la main au flûteau, ses lèvres s’y posent, il parle. D'abord nous avions cru qu’il jouait pour nous remercier, mais la musique ne se tut pas lorsqu’il repassa la porte, dans les bois pendant longtemps le son aigre continua de résonner de tronc en tronc, jusqu'à ce que le silence lui réponde, définitif. Chacun alors s’est détourné, a rejoint les draps froids. Dieu était passé ce soir, insatiable, le regard vide. rien n’avait changé, tout était différent. Nous avions vu son visage, il n’avait pas vu les nôtres.

 La négresse a bercé trop de dieux, ses seins sont lourds de mauvais lait, elle se refuse à la fatigue mais nous la découvrons exsangue- immobile quand la marmaille s'est éparpillée pour dominer d'autres mondes, la laissant là, nourrice sans souffle, cheval de troie d'un Olympe étrangleur. La négresse râle à la vue du cercle des dieux trônant, indifférentes sangsues froides, peu leur importe les doux territoires de l'enfance, le lait maternel et quelques rôts de nouveau-né, ils ont d'autres ouailles à fouetter. Les hommes ont rompus leurs fils, tressautent comme des pantins fous, la liberté déforme leurs visages, rictus de haine et de joie mêlées. L'Olympe porte impuissant le masque de la crainte. La négresse s'épuise à râler, seule, couveuse à la croupe froide.

par anton abo publié dans : Poésie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 13 avril 2005

Charlie hebdo                                             DES INDIENS AU VATICAN  

C’était en 1979, une énigme apostolique et romaine allait bouleverser mon petit monde. Je faisais sans le savoir parti de la dernière brouette des baptisés de la région, la crise de 1973 effacerait bientôt toute foi en la religion dans les coeurs des bretons de l'intérieur. On allait retirer le crucifix graisseux du dessus de la cheminée, s'étioleraient comme neige au soleil les dragées de baptême qui faisaient ma joie… Il me faudrait de fait attendre l'année de mes huit ans pour vibrer de nouveau à l'unisson des adorateurs du grand dieu unique. A la télé un Zitrone en costume cintré déclamait l'info la plus stupéfiante jamais entendue depuis la pousse des pattes chez les têtards, j'en laissais tomber le Lucky Luke de mes genoux. « Aujourd'hui au-dessus de Rome une fumée blanche a suivi la fumée grise annonçant la nomination du nouveau pape. » Comme chez les Cheyennes, les Commanches et toute les tribus du Nouveau-mexique au Rio Grande. Les signaux de fumée n’étaient à pratiquer qu’en cas d'alerte. J’en tirais assez rapidement la conclusion que quelque chose de grave était arrivé : nous avions perdu notre homme-medecine, notre chamane blanc, l’unité de la nation indienne était menacée. Nous étions donc des indiens, enfin, j'en avais la preuve.

 Malheureusement, cette magnifique illusion n’allait pas perdurer, les années suivantes se chargèrent de me ramener à un semblant de lucidité. Je traquais tous les faits et gestes du nouveau chamane blanc, constatant assez vite qu’il s'apparentait bien plus au vendeur d’eau de feu qu'au sorcier surmonté d’une tête de bison menant des pow-wow d’enfer du crépuscule à l’aube. Il avait tous les attributs du bonimenteur perché sur une carriole rutilante, dans des habits de lumière amidonnée soldant sa camelote à des foules béates. Le prestige de l‘uniforme en un sens sans les pouvoirs de super héros, d’ailleurs il se prénommait Jean-paul, étrange sobriquet pour un sorcier de niveau II. En fait de vol Chamanique le Jean-Paul se contentait béatement de tour de stade de foots chapeauté d’une cloche à fromage sur son Austin mini. Seule véritable prouesse : sa capacité à apprendre des centaines de langue sans effort avec la méthode de catéchèse polyglotte. Notre Jean-paul n’était donc qu’un VRP de luxe pour un produit en perte de crédibilité, soumis à un rude concurrence ; du côté des baptistes à fusil, promettant un paradis exclusif, garanti sans cholestérol, des islamistes radicaux promettant vierges et rendement immédiats pour des capitaux flottant. Et sa hotte pleine de bons conseils pour les bons sauvages (SAV des siècles d’évangélisation forcé) : « croissez et multipliez-vous, n’ayez crainte du sida, une ouaille malade reste une ouaille. » Ces derniers temps le marché de la concurrence s’est ouvert aux églises de tous poils. Et le règne de l’image dans notre société a produit des tonnes de symboles. Les évangélistes, baptistes avec bible et fusil, ouvrant une théocratie à Madagascar comme les talibans l’avaient fait en Afghanistan. (Voir à ce sujet ce site parodique)

J'ai un ami journaliste qui bosse à la télé. Le genre d’ami qui porte du velours côtelé même en plein été et qui n’omet jamais de préciser que la télé cette « bible des idiots » n’est après tout faite que de ce qu’on y met. Logique en un sens mais pas seulement logique, dangereux aussi. Car lui que la lucidité jamais ne déserte, cette dernière semaine s’est profondément abîmé dans un jus de populisme et d’idolâtrie. Le mardi 5 il débarque à notre séance hebdomadaire de tennis ballon en hurlant : «Le pape est mort ! Vive le pape !» ce que je pris d’abord pour de l’ironie mordante n’était de fait qu’une conséquence de la contamination ayant sévi toute cette dernière semaine sur les habitants de notre généreux pays. Car qui aurait prédit cette semaine de dégorgement, d’épanchement hagiographique comme aux plus belles heures de la propagande de l’inquisition. Un son de cloche, un seul. 21ème siècle médiéval qui débute sur des fléaux planétaires, des martyrs planétaires et de la belle ouvrage en terme d’images. Ah ! La télé adore ça les martyrs en direct, un saint-père n’hésitant pas à s’exhiber jusqu’aux dernières heures du sacrifice. « Arc de communion mondial » dit-on, ce serait parfait si cette communion produisait des effets réels, mais il n’est question que de satisfaction immédiate, « Santo subito » comme on a pu lire sur de nombreuses bannières lors des obsèques du pape. Une béatification immédiate, de l’immédiat, parce que cette bulle qui enfle finira bien par crever.

Les philosophes parleraient de post-modernité rappelant finalement assez la pré-modernité (moyen-âge) et son cortège d’idolâtrie. La part de post-modernité tient surtout dans les outils de propagation de l’info, comme pour le tsunami dévastateur dont tant de pauvres occidentaux furent les victimes, là-bas sur ces paradis du bout du monde que l’occident entretient à ses frais. Les télés ont relayés jusqu’à l’écoeurement les images, sans recul, comme pour le 11 septembre 2001 jusqu’à les rendre absurdes, creuses. Le sens dès lors remisé au second plan, la sensation, l’émotion sont de fait devenus les nouveaux critères de jugement. Et cette dernière semaine d’invasion de télé Vatican sur toutes les chaînes ne fait que confirmer ce qui avait été constaté en 1991 pour la première guerre du golfe, en 2003 pour la seconde. Les rédactions des journaux télévisés ne prennent aucun recul, reprennent mot pour mot les communiqués officiels du Vatican, comme celle des généraux américains durant la guerre. Ajoutons-y les drapeaux en berne, la sanctification télévisuelle d’un comédien raté, homme de paille de l’Opus Dei, principal pourvoyeur d’une morale manichéenne, continuateur en un sens des grandes œuvres de l’église des siècles durant. On se félicite de ses prêches en pays de dictature, de ses messages de paix.  Mais qu’on cite seulement un pays ou sa parole a produit un effet bénéfique.

La France est donc à nouveau fière d’être la fille aînée de l’église. La radicalisation des appartenances est en marche quoi qu’on en dise, peut-on compter sur les médias pour faire œuvre de filtre, laisser le temps de la critique, de la réflexion jouer son œuvre pour décemment maintenir un semblant de cohésion. Le temps joue t-il pour ou contre nous ? Dès ce soir sur TF1 notre cher Président inaugurera un nouveau type de débat, la politique people à la sauce Chain, Delarue, Fogiel, la chose publique aux mains des VRP et du business de l’information. Pour un sujet aussi complexe que celui de la Constitution Européenne quelques simplifications ne seront pas de trop.

A mon tour j’allume un grand feu, que les quelques indiens perdus au milieu des visages pâles guettent les fumées à venir.

 

par anton abo publié dans : Edito
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 12 avril 2005

                                
Huëlgoat

 

Immédiate, quelques pas plus loin, la vallée et son chaos de roches; les mousses fluorescentes captant les feuilles humides, les vers minuscules surfant sous les éponges; Le vent s'est absenté, des tronc percés respirent muets, bouches grandes ouvertes, méticuleusement enchevêtrés, ceinturés de souches rondes comme des pressoirs à cidre, hautes, pleines de transpirations, de pelures de bois.
Savourer alors, le soir et ses gris, l'absence des lâches et la stèle fine, simple, témoignant là d'une respiration franche qui s'en fut un jour. C'est ici qu'il mourut, sur ce tertre gémissant si faiblement que les esprits des lieux n'osèrent le déloger.
Les roches sont gainées de crin, elles adhèrent aux semelles, même détrempées. Ici sonna la retraite, le crépuscule d'un homme courageux, si fiévreusement amoureux de la vie qu'il brûla ses années. Si parfaitement vivant qu'il s'éclipsa au milieu de l'humide, sous l'eau, en averse ou en buée, rugissante dans les goulots. La mort lui fut donnée là où la vie commence, là où elle germe et s'anime invisible; le visage alors posé dans la boue sombre, sa bouche inspire péniblement, il y cette écharde énorme cisaillant sa cheville, le sang qui perle. il se souvient à hauteur d'herbe, embrassant la terre il se souvient d'avoir fait parler les pierres. Il s'en souvient comme il lui semble pouvoir se souvenir de tout, du goût même de la tourbe. Là sont les oeuvres, jusqu'à la dernière seconde, s'il n'écrit plus Segalen parle encore aux branches minuscules, raconte sa mort aux animaux glissant la nuit, indifférents à son calvaire, surpris par la présence de cette masse à l'odeur âcre et qui gît. Un hérisson lui fera les poches à l'aube, de quoi lui arracher un dernier sourire.
Nombreux furent ceux qui s'étonnèrent qu'il eut choisi Shakespeare pour l'accompagner au trépas. Segalen eut pu leur répondre, il n'avait pas choisi. C'était là le livre premier comme un nombre émergeant du lot, brillant entre les ternes reliures de la bibliothèque, luisant de tout son cuir vieilli. Et au matin de son départ le poète avait hésité longtemps, avant de s'en saisir à la hâte, avant de s'en saisir une idée en tête : il fallait qu'il retrouve ce passage ou ... Mais quand trouverait-il le temps de lire ? Après la traversée de la rivière peut-être... après la marche forcée à travers les fougères, après...

Une ligne pour une douleur, partir avec des images heureuses, une rime, du style...


Il faut se souvenir que Victor Segalen (1878-1919) était Brestois, qu'il écrivit "Les immémoriaux" en un temps ou l'exotisme faisait la loi. Il définit une esthétique du divers. Les immémoriaux surtout par son style et l'empreinte nouvelle qu'il impose marque en un sens la fin d'un certain ethnocentrisme, le gâchis de l'acculturation, de la ruine d'un civilisation orale sous les coups de boutoir de l'évangélisation et du colonialisme... il est ethnologue avant l'heure. Il faut lire la très belle préface d'Henry Bouiller pour comprendre à quel point Segalen fut multiple et dans la complexité de son oeuvre se révèle unique, tendu vers l'exploration du dedans dans les grands espaces géographique. "pars et va vers toi" dit une poésie arabe. Il aura tenter de "renverser les murs de la connaissance" d'atteindre les secrets de cette citadelle, chère à St Exupery. Segalen s'est servi de tous les mythes du monde , toutes les pensées du monde pour exprimer son monde intérieur. Détour de la fiction et de la poésie que ne prennent plus la peine d'emprunter la plupart de nos contemporains français apôtres du "roman je" ou le rêve et l'imaginaire se retrouve le plus sûrement abattu sous la persistance poisseuse d'un réel autobiographique, télévisé. Baudelaire, Michaux, Artaud, Segalen accompagnent. Les romanciers parisiens d'aujourd'hui pour la plupart s'occupent de leur petite notoriété comme des soldeurs deux fois l'an. Ils restent toujours les auteurs de polar pour questionner le fond des choses, et comprendre leur temps.

voir "oeuvres complètes" ed Robert Laffont


par anton abo publié dans : Autres vies
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 11 avril 2005

  L’oiseau dans le temps de son vol 

Idée de la trouvaille : ce soir, j’irai voir les récifs puisque c’est une nuit comme toutes les autres, une nuit qui se mérite. Une chose seule s’estompe : la respiration entre les phrases. Il fallait que j’écrive d’ici, pour rendre la texture d’une ou deux paix nouvelles.

Ce soir, sur la côte ouest face au vent : un signe lové entre les pierres, pot ouvert d’encre de chine et plume sergent-major. Deux outils à même la pierre en un lieu reculé, comme une offrande me patientant. Après une nuit de réflexion j’ai fini par m’en saisir. Que les dieux s’en étonnent si cela leur chante.

  

En bordure d’autoroute, amarrée au fleuve il est une triste résolution, un lieu sans point de fuite, dressé catégoriquement, portant sur le vide un regard infini, le regard de la bête qui sommeille et scintille. Le coup d’œil fortuit de la forteresse entreprise. Elle a vidé le ciel de sa fortune complice, elle est couvée par la bienveillante indifférence des poissons raides qui sillonnent le fleuve. Le château est un mensonge répété qui s’est fixé droit dans la terre sans suc, sans partisans, sur une terre aride plantée d’herbes clochardes.  

 Garnie d’ombres chinoises mouvantes, n’entrevoyant jamais leurs fils. Un lieu concis au fond mais où l’absence de frontières parachève l’enfermement. Sans frontières pas d’alternatives ou de fuites, le lieu tout simplement sans paix. Le solitaire n’ose croire en sa solitude. Un boulet de plomb tient lieu de soleil. Le piéton n’est plus qu’un touriste, à jamais hors de ses territoires et de sa sphère, noyé dans le luxe de l’échange qui s’achève. Sous la voûte le sol plat, juste plat. Sans divine comédie, sans relief.

par Anton Abo publié dans : Poésie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 5 avril 2005

Marthe et les barbus, une nouvelle unique!!!

Ou il est question du Che, d'amour, de voyage et de l'enfer du petit écran. A paraître chez un éditeur de bonne volonté, dès que le marché de l'édition sera désengorgé, moins monopolistique, plus ouvert, etc

Dans la montagne profonde                                                                                        

assis sur un tapis de mousse                                                                                                   

 l'air insouciant 

un singe crie             SAIGYO

La relique est sur le mur me faisant face. Un vieux stimorol et une bonne dose de salive m'ont suffit à la fixer. C'est une vieille photo noir et blanc toute froissée, de celles qu'on garde des années , sans même s'en souvenir, sans jamais prendre garde à ce papier plié à l'ongle et fourré dans le portefeuille. Assez curieusement ils se sont empressés de prendre mes lacets et tout le reste sans se préoccuper de la photographie jaunissante. A la minute même du premier cliquetis délicat de serrure je l'ai découverte dans une poche. Surpris d'abord j'ai fini par l'installer bien en vue, en point de mire. Et contre toute attente ces silhouettes sont la meilleure compagnie que je pouvais souhaiter dans un moment pareil, cette petite mêlée joyeuse a quelque chose d'apaisant.


Kakis et barbus, authentiques héros de la révolution cubaine, mes francs camarades se tiennent debout devant le drapeau à l'étoile. c'est pour l'anonymat sans doute que j'ai conservé la photo jusqu'ici, pour leurs visages rayonnant d'inconnus mystérieux. Ils sont cinq, pas de Che ni de Fidel, juste des tigres brandissant leur kalachs, des hommes de main, des militants puant à plein nez, trempés de sueur et de boue, du fuel des camions bâchés qui les emportèrent victorieux jusqu'à La Havane. Ils sont ma petite fenêtre de cellule, ma justification, mon salut. Marthe n'y comprendrait rien, elle doit sangloter à cette heure, chialer comme la sale petite garce qu'elle est, chialer pour la galerie en espérant qu'on viendra s'attendrir sur sa tronche de reine du bal. Elle n'a jamais eu le moindre sens des responsabilités, ni une once de conscience. Quand je songe à elle c'est l'image grotesque d'une poule naine qui domine, une poule naine, avec une pleine cartouchière de préjugés, de fiel automatique; non c'est plus qu'une image, c'est comme un totem, un totem creu qui se serait fiché dans le sol pour souiller mon petit monde.



 

 

par anton abo publié dans : Inédits
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 29 mars 2005

MENU DU MONDE APRES LE 11 SEPTEMBRE

Ce qui marque en général le début d'une histoire, c'est une alerte, un hérissement pileux, soudain, évident... La syntaxe suspendue prépare son achèvement à même la page blanche. Ils ont parlé d'agents dormants, mais peuvent-ils seulement s'imaginer que les deux tiers de la planète méritent cette même qualification d'agents dormants, de taupes en attente ? Ayant depuis toujours accepté d'être patient, de laisser le destin se jouer de nous. Jusqu'au jour où certains lassés d'espérer une vie meilleure, un monde différent, une Europe sociale, une reconnaissance etc. auront baissé les bras, lâcher du lest pour regarder au fond de leur verre, ou vrillé sans même y prendre garde passant de la frustration, de la révolte à la violence aiguillée, domptés par des pragmatiques, des adeptes de la réponse toute faite, du monde lisse comme un crâne de tortue. Ils n'y a pas d'agents dormants il y a des millions de personnes anesthésiés, jurant qu'on ne les y reprendra plus, que les prochaines élections changeront la donne. mais la machine politique posséde un impressionnant système digestif. Et certains mots comme celui de révolution sont devenus tabous, on leur préfère désormais le développement durable, pourtant on parlait de révolution permanente...

Pour l'heure c'est le matin. Les flèches évidentes iront de l'avant perforant les poumons d'acier. C'est le matin et l'avion s'échappe de la piste dans l'épaisseur du fuel en voile, dans les odeurs de caoutchouc chauffé. Larry pilote de son état ne répond rien aux questions en rafale de Diego, il sait d'expérience qu'aucune réponse ne calmera les nerfs du bleu. Le jeune est aussi excité qu'hier au départ de Denver. Le grand Larry fait celui qui n'entend pas. Il pense à sa petite dernière, à la sale nuit qu'il a passé, sur le pied de guerre, la môme dans les bras, des heures à tourner dans le grand appartement, attendant que les pleurs tarissent, attendant de dormir une heure ou deux. Il lui faut se passer de café. Ses doigts varappent délicatement sur le dénivelé du tableau de bord. Le bleu vient de contacter la tour, ça il le fait plutôt bien. Larry ne se souviendra plus, pour se souvenir il faut vivre. Non plus jamais ne lui reviendraient ces sensations confuses, cette hésitation au moment de préchauffe de l'appareil. Une curieuse atmosphère venait d'envelopper tout le cockpit. Scrutant la piste d'un air las il se contenta de retenir son souffle quelques secondes, comme pour chasser ce silence inhabituel, ce silence et les ronds des petits véhicules sur la piste. Dans moins d'une heure ils seraient morts.

Les hôtesses en démonstration, gainées de leur petits tailleurs bleus regardent dans le vide entre les sièges, enfilent les gilets de sauvetage avec des gestes d'automates, la lenteur d'un ballet khmer. L'avion n'est pas plein, ce mardi matin manque d'entrain. Quelques hommes pourtant, cinq au total, sont aussi concentrés qu'un bouquet de crevettes s'apprêtant à quitter leur petite mare.

Et s'il nous plait de ne raconter que le début c'est que nous connaissons tous la fin de l'histoire. Egorgés, pulvérisés, puis brûlés avant de finir projetés de plusieurs centaines de mètres à la verticale. Laissez mijoter quelques semaines vous obtiendrez à partir d'un formidable effet papillon la mort de plusieurs milliers de civils à quelques milliers de kilomètres de là. c'est tous les 10 ans et c'est aujourd'hui. Qui a dit que notre génération n'aurait pas sa guerre ?
Nous les aurons toutes.                   


 

 

 

 

par anton abo publié dans : Chroniques
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 28 mars 2005

éditorial : numéro zéro

Crise du logement. Qui bouffe l'espace ?

Ou dormir ? C'est quoi d'avoir un toit bien à soi au-dessus du crâne. Pourquoi quand d'aucun squattent, d'autres militent pour se loger, d'autres crèvent entre quatre murs, d'autres ouvrent des valises de billets sous le nez des promoteurs pour des longères en centre Bretagne. Le territoire, le chez soi, le logis, jamais sans doute la question n'a été aussi cruciale qu'en ce début de siècle, nous sommes plus nombreux, le confort est devenu la priorité des priorités, une bulle ou se réfugier, une bulle pour se protéger des attaques acides, des mendiants, des voisins, du chaos, des complications. les français sont devenus des Bernard L'hermite qui savourent encore et encore leur foyer. Y a t'il un droit au logement ?

 REPORTAGES

Tchétchénie mode d'emploi

Dieudonné est-il vraiment anti-breton ? Si oui trouvera t-il un endroit ou dormir ?

Les Anglais débarquent. Crise du logement au pays des korrigans. Comment ouvrir son propre squat ?

LES CHINOIS SONT ILS AUSSI CONS QUE NOUS ?

Dali est il mort ?

Réactiver le surréalisme

Que devient le sous commandant Marcos ?

Le droit du travail - devoir d’en baver ?

NOUVELLES INEDITES

CRITIQUES CULTURELLES /

El fernando fait son ciné. Littérature et polars.

PHOTOGRAPHIES

 

A VENIR dieu – lettres – tsunami – la glande

Le kilimandjaro a perdu ses neiges éternelles. Signe du temps, signe d’un étiolement de l’essentiel. Mais qui mieux que tout un chacun pourrait se permettre d’avoir un avis sur tout. C’est de cette haute réflexion qu’est né Mandjaro, blog informatif et ludique résolument tourné vers tout ce qui fait et défait notre époque (ou presque). Dali en appelait après les sentinelles de répugnance, reprenons le flambeau, il importe de se tenir loin au-dessus de la mêlée, et la mêlée n’a jamais été aussi touffue, pour aboyer en gardant à l’esprit que ce qui importe c’est de ne pas perdre ses illusions, au contraire il faut les arroser encore et toujours. Ici tout paraîtra pêle-mêle parce qu’il est question de résistances, question d’avoir un œil de trop peut-être sans négliger de s’en servir. Question de littérature, de poésie et de récits de voyage. Question en un sens de regrouper ce qui nous rend vivant.

Le débat public n’aura jamais été aussi animé et pourtant le tissus social fout le camp, I0 % de chômeurs, une précarisation croissante. Plus personne n’oserait croire que nous sommes à la veille de quelque chose de grand ou de neuf, au mieux, nous allons vers la catastrophe, au pire nous y allons vite, elle sera planétaire, écologique, et donc militaire puisque la guerre a déjà commencé pour le contrôle des ressources. Les États-unis n’ont ni signé, ni ratifié le protocole de Kyoto mais dans leur politique ses conclusions servent déjà de toile de fond. Contrôler les ressources, les territoires, les consciences pour vendre et subsister, si possible en restant gros. De fait il s’agit d’imposer la Pax Americana pour contrôler toute discordance, toute velléité de concurrence. Libéralisme grand et retors qui n’est qu’une illustration de la grande foire d’empoigne qui se prépare. Un milliard et cinq cent millions de chinois auront-ils raison de pondre à la suite des voitures à 3000 euros? La place, le manque de place, les maigres ressources seront les questions de demain, le sont déjà aujourd’hui, le logement dans les villes, dans les campagnes est d’ores et déjà au premier rang des préoccupations de tout un chacun.

PS : intégrisme est-il le dernier sursaut d’un islam au bout de ses mutations?

par anton abo publié dans : Edito
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 28 mars 2005

La rupture et l'extrême 

Port-blanc Quiberonjour sans

Nous avions déception permanente pour patrie d'envergure, mauvais vers pour tisser des abris de fortune, sinistre clown chaque matin, mémoire difforme, implacable sénors en grappe, pays de vieux sans écorces, juste bon à laisser filer ce qu'ils s'étaient construits. Non, nous n'avions pas la fièvre, le désir lentement qui s'élève, le divers, la chute impitoyable. C'est Icare aussi qui louvoie sous les nuages, derrière la barre trimer, glisser, faire enjeu de patience d'une simple levée d'eau. De la crête blanche, rosée, paquet d'eau qui vous noie et vous libère un jour, lessivé, heureux. Qu'est-ce que l'extrême ? C'est derrière chaque sensation une attente, un enjeu de patience, une vigilance pour comprendre ce paquet d'eau qui s'amène et indique déjà en sous-main ce qui le distingue d'un toit du monde. On est là, pieds congelés, la crampe qui guette, et d'un bond on est Moïse, aérien, mu par l'élan, tenu par des tonnes de rouleaux qui n'attendent que de s'écraser.

(àsuivre)

par anton abo publié dans : Chroniques
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

.


Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Au suivant

Cliquez ici pour recommander ce blog