vendredi, 04 novembre 2005
Sur les confettis de la République, à Mayotte par exemple, il y a aussi un effet Sarko... on connait la parabole de l'effet papillon, battement d'aile de papillon à Neuilly, "il faut nettoyer !" ouragan sur le 9 cube, et douche froide à Maoré, île jouxtant mayotte. Les évènements rapportés ici datent de fin Septembre.
... "la conscience politique ici s'achète à grands sacs de MABAWA (ailes de poulet) et de canettes de coca! Vivent les allocs' et les produits manufacturés! Vive la France!... "On est tous diabétiques, bientôt, mais on ne paiera pas les médocs... youpi! On roulera en belles 'tutures'; enfin, on fera du cul-à-cul pendant des heures sur l'unique route de l'île, et voilà... "Mayotte! Quel dommage... Tout s'éfface sous le béton, les mauvaises herbes disparaissent sous les canettes et les sacs plastiques... les flics remplacent les clandestins... au carrefour ils sont là, en mini-short bleu-marine et grandes chaussettes roulées sur les randjos en toiles... à la place de la petite bouéni (femme) qui vendait des beignets... On dirait que les autorités préfèrent les clandestins qui mendient (ou volent) à ceux qui travaillotent pour vivre un minimum décemment... question de conformité sans doute, élément du sacro-saint respect des cultures... question d'esthétique encore : mieux vaut les amputer quand le bras est pourri que de mettre un plâtre un peu plus tôt et de donner trois comprimés gratuitement... "Aïe aïe aïe... quelle ambiance... Sarko a réussi ses magnigances... Ce matin les femmes du village ont sorti ballets et rateaux de jardinier - de la Mairie! -pour faire le tour du patelin et sortir les enfants de clandestins de l'école, les parents de leur maison... Pourquoi ? Suite à une manifestation de clandestins à Mamoudzou, le bureau du député a été saccagé... bien sûr on ne parle que de ça à la télé sauf peut-être de cette bizarrerie : son portrait et son ordinateur sont restés intacts ! On saura dans quelques jours que le député (MDM, i.e pro Sarko) a lui-même payé les 'bandits' pour 'massacrer' sa permanence!... classique mais pas chic!... ça ne suffit évidemment guère à ceux que ça démangeait pour y voir clair... "Bref, demande-t-on à la barbarie d'ouvrir les yeux? En tout cas elle ouvre sa gueule puante sans honte, ne voit que tout-blanc-tout-noir... et s'excite à la promesse du sang et de la terreur..."
Alors que chez haut et Fort la communautés dite "Politique" ou "Débats de société" semblent avoir faite leur la propagande faciste de la droite extrême, libérale, nationaliste, où souverainiste c'est avec l'oeil vitreux que nous cherchons de la pluralité dans l'agora citoyenne. Le terme politique est donc réquisitionné par les démagogues qui s'alarment d'une soi-disant guerre civile, d'une horde de sarrazins venus égorgés leurs filles et compagnes (refrain connu). Navrant, mais il serait trop simple de se contenter d'une névrose à la rose, ces petits goebbels du haut-débit méritent qu'on leur rentre dans le lard, trop simple de les laisser tenir le crachoir. C'est tout le discours politique qui du coup s'en trouve confisquer entre droite, droite extrême, intégrisme général, fin de la nuance. Retour à des relents d'entre deux guerres quand la France s'inventait un facisme à la mode de chez nous. Là, dans ces tribunes ouvertes aux populistes sans vécu la République est en danger, pas dans les rues où des citoyens s'expriment, malheureusement par la violence, mais après tout comme toujours ça a le mérite de relancer les débats. On entend que quelque chose ne va plus, que peut-être la fin de la police de proximité, les coupes dans les budgets sociaux de prévention, dans les progammes de formation, les suppressions pures et simples de postes d'enseignants, la stygmatisation d'une population par des discours extrémistes et démagogiques de la part de ministre aux larges ambitions, l'augmentation des bavures de 37 % depuis le retour de Nicolas Sarkozy à l'intérieur, tout celà s'est ajouté pour l'embrasement. Le 21 avril était un accident dans le sens ou la majorité de ce pays à l'instant du second tour n'avait guère le choix de s'accomoder des idées de la droite. Le problème est dans les conséquences du 21 avril, sous prétexte qu'un parti xénophobe a totalisé 5 millions de voix, (ce qui est énorme mais nous sommes 65 millions) nombre de penseurs à la petite semaine, juste haineux par frustration, déboire personnel, incompétence, bêtise, ignorance, la liste serait longue tant les racistes font plus pitié qu'autre chose, ces névropathes donc se croient autorisés à dire tout et n'importe quoi, à cracher sans avoir réfléchi une demi-seconde, ils confondent musulmans et arabes, France et ancien régime, persuadé que dans un parti politique leurs idées ont plus d'ampleur, petits individus sans courage, ils leur manquait cette meute, cet abri pour se persuader peut-être qu'ils existent et que quelqu'un, quelquepart va les aimer, les soutenir, les comprendre, enfin quelqu'un... français de souche à 25 générations avec consanguinité attesté et cerveau capitonné.
Allez un petit proverbe batabwa pour finir, "L'intelligence est un fruit qui se ramasse dans le jardin du voisin." ou mieux un proverbe Malinké : "Tu finiras par aimer celui qui t'auras bousculé pour te faire avancer."
14:42 Publié dans Les lettres du doc | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note







il erre sans but, juste la paranoîa pour tenir. Il est cette machine à vivre dont la conscience semble s'en être allé avec les derniers réflexes élémentaires de survie. Il ne dort plus, la frontière entre lui et le monde tient dans l'épaisseur d'un papier à cigarette, mais il est loin d'avoir la force de déchirer ce voile qui dissimule l'essentiel. Le sujet est creusé, lentement, surement, jusqu'au malaise. L'insomnie n'est peut-être qu'un symptôme alors, ou la chance d'ouvrir un autre champ de perception. "Fight club" de David Fincher d'après le roman de Palaniuk s'entame sur la même constatation, le héros ne dort plus, et comme Alice il traverse le miroir, "Fight Club" n'est pas un fim de résistance altermondialiste où une bande de nihilistes mettraient à bas la société de consommation et ses vitrines, comme pour "The machinist" c'est la mise en scène réelle d'une guérison à l'oeuvre, le machiniste va jusqu'à se réduire à l'essentiel, réduire son monde en peau de chagrin, devenir une enveloppe pour atteindre à l'essentiel, à la réponse. Tyler Durden, lui, détruit en lui, autour de lui, jusqu'à ce que la chute de ce monde, de ces tours sur l'échiquier change la donne du schéma où il est enfermé et l'amène à renaître du chaos qu'il aura crée. Guérison à l'oeuvre, lutte en chantier à l'intérieur d'un être, la figure du double est l'une des plus mythique de l'humanité, elle fascine et effraie à l'extrême, c'est en quelques sorte l'ABC de l'étrangeté cette image d'un double, Faust, le Horla, les frères Bogdanov, rien au fond n'est plus frappant visuellement que l'Autre héros, le Mister Hyde du docteur Jeckyll, le Gainsbarre du Gainsbourg a condition que le traitement qui en est fait ne soit pas purement manichéen.
Mais si la figure du double en cinéma continue d'être utilisée sur son versant psycho-pathologique dans une production contemporaine anglo-saxonne détaillant nos sociétés schizos, bousculées où des individus en perdition, s'inventent des repères tangents. Le double ouvre aussi au politique et au spirituel, "Mr Klein" de Joseph Losey et "Nocturne Indien" d'Alain Corneau sont encore à la lisière de l'insomnie et du dédoublement énigmatique. Dans "Mr Klein" c'est un grain de sable dans la machine qui va tout bouleverser, un journal reçu à la mauvaise adresse pour mettre un doigt dans la mécanique bien huilée de la collaboration et des rafles. Mr Klein, comme un héros de Kafka pose des questions bien plus vastes que son petit destin de bourgeois contraint à s'impliquer ne pourrait le laisser croire. Cet autre Mr Klein que tout le monde semble poursuivre, cet homme pourchassé, en danger permanent finira par offrir un destin à son double, ce Mr tout le monde qui délaisse ses attributs de lâcheté et d'immobilisme, sacrifiera son petit instint de conservation pour aller jusqu'au sacrifice et la déportation. C'est la question de la responsabilité anonyme qu'interroge Losey. Chacun préservant son petit "quant à soi" laisse faire, fait mine de ne pas remarquer les rafles, la disparition d'un voisin, d'un collègue. Delon, impeccable en Klein, finit par se laisser prendre par le courant, pour se fondre dans ce tout indistinct des déportés et leur donner un visage. Je suis cet autre, je suis mon double.
du roman éponyme de Tabucchi où un homme parti à la recherche d'un ami disparu en Inde finit par se trouver lui même au bout d'un lent voyage halluciné. Corneau parvient grâce à une grande maîtrise à maintenir le rythme lent du livre, sorte de récit de voyage qui n'en serait pas un. Puissance évocatrice, étrangeté, ce qui importe dans cette quête d'un ami hypothétique, en de nombreux point semblable au narrateur, c'est que le héros, J.H Anglade, semble lui même transparent, d'une fadeur taoiste, parfait voyageur dès lors pour souligner la dureté et l'étrangeté des lieux qu'il traverse. Jeu de piste spirituel entre un homme et son double dérobé. Où on se demande qui au fond s'est vraiment perdu. "... Ne crois pas. Ne cherche pas. Tout est occulte." Fernando Pessoa, maître des personnalités multiples est évoqué et Tabucchi qui en est un grand lecteur dans la droite ligne de ces quelques mots interroge au fond le processus de l'écriture, de création lui même. Qui écrit ? Qui filme ? la véritable intrigue est là dans ce questionnement inutile. On ne pourra jamais qu'évoquer la figure du double, elle est avant tout une ouverture sur la question de l'être, question hautement spirituelle de l'ordre du "Qui sommes-nous ? Ou allons-nous ? Vous reprendrez un café ?" à laquelle l'humanité s'efforce de répondre manière comme une autre de passer le temps qu'il lui reste.












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